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Description : Moulage en soufre d’un grand bronze provincial romain, reproduisant fidèlement une émission frappée à Érythrées, en Ionie, sous le règne de Philippe Ier, dans le cadre d’une alliance civique (homonoia) conclue avec la cité de Chios.
A/ Α Κ ΜΑΡ ΙΟΥ ΦΙΛΙΠΠΟϹ
Buste lauré, drapé et cuirassé de Philippe Ier à droite, vu de trois quarts arrière.
R/ ΟΜΟΝΟΙ ΧΙΩΝ ΕΡΥΘΡΑΙΩΝ ϹΤ ΚΑΠΙΤΩΛΕΙΝΟΥ
Scène cultuelle monumentale : Héraclès Ipoctonos debout à droite, levant la massue au-dessus de la tête et tenant une lance ; à droite de la scène, Dionysos debout tenant un canthare et un thyrse, devant un autel allumé ; à gauche, Apollon debout, tenant une patère et un arc.
Ø 36 mm ;
13 g
Réf : RPC VIII, type non attribué (ID 20308) ; Franke & Nollé 556–560
Ce moulage en soufre appartient à un ensemble savant réalisé à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle, destiné à documenter les grands bronzes provinciaux les plus spectaculaires de l’Orient romain. Il reproduit une émission exceptionnelle frappée à Érythrées, célébrant une homonoia — concorde officielle — avec la cité voisine de Chios, sous l’autorité du stratège Lucius Flavius Capitolinus.
Les émissions d’homonoia constituent des témoignages privilégiés de la diplomatie civique grecque sous l’Empire. Ici, l’accord entre les deux cités est exprimé par une iconographie religieuse élaborée, associant trois grandes divinités : Héraclès, Dionysos et Apollon, chacune porteuse d’une identité cultuelle et symbolique forte en Ionie. La composition, d’une grande richesse narrative, traduit l’harmonie religieuse et politique entre les communautés alliées.
Par son module, sa rareté extrême et la complexité de sa scène de revers, ce type figure parmi les grands monuments de la numismatique provinciale du IIIe siècle. Le moulage permet d’en conserver et d’en transmettre l’iconographie avec une grande fidélité, dans la tradition érudite des collections savantes.
PHILIPPE Ier (février 244 – septembre 249) – Empereur originaire d’Arabie, Philippe Ier règne durant une période de relative stabilité avant les crises du milieu du IIIe siècle. Son règne se caractérise par une forte activité civique et religieuse en Orient, où les cités grecques affirment leur identité à travers des émissions monumentales.