- Vendu
Description : Moulage en soufre d’un grand bronze provincial romain, reproduisant une émission frappée à Tarse, en Cilicie, sous le règne de Maximin le Thrace (après 235 apr. J.-C.).
A/ ΑΥΤ Κ Γ ΙΟΥ ΟΥΗ ΜΑΞΙΜΕΙΝΟϹ (ϹΕ)(Β) Π Π
Buste radié, drapé et cuirassé de Maximin le Thrace à droite, vu de trois quarts arrière.
R/ ΤΑΡϹΟΥ (ΤΗϹ) ΜΗΤΡΟΠΟΛ(Εω)(Ϲ) Α Μ Κ Γ Β
Héraclès debout de face, la tête à droite, s’appuyant sur sa massue posée sur un rocher et tenant la peau du lion ; à droite, le nourrisson Télèphe caressant un cerf ; à l’arrière-plan, oiseau posé sur un arbre.
Ø 36 mm ;
8,10 g
Réf : reproduction d’après RPC VI, 7107 (temp.) ; SNG France 1586, 1613 ; Levante 1098 ; Levante S1 278
Ce moulage en soufre s’inscrit dans la tradition des ensembles savants réalisés à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle, destinés à l’étude et à la diffusion des grands bronzes provinciaux monumentaux. Il reproduit une émission prestigieuse de Tarse, cité phare de la Cilicie, dont les légendes insistent sur le rang exceptionnel : métropole, « première, très grande et très belle », et dotée de privilèges honorifiques tels que la néocorie.
Le revers développe une scène mythologique d’une grande richesse. Héraclès, héros tutélaire très présent dans les monnayages d’Asie Mineure, est ici associé à l’enfance de Télèphe. Dans la tradition mythique, Télèphe — futur roi de Mysie — est sauvé et nourri après son exposition, un épisode souvent mis en image pour évoquer la protection divine, la légitimité et la fondation héroïque. L’ajout du cerf et du décor naturel (arbre et oiseau) renforce le caractère narratif et « vivant » de la composition, typique des grands bronzes de Tarse au IIIe siècle.
Ce type illustre parfaitement la manière dont les cités orientales utilisent la mythologie pour affirmer une identité locale et un prestige culturel, tout en inscrivant l’émission dans le cadre officiel de l’Empire sous Maximin le Thrace.
MAXIMIN LE THRACE (mars 235 – mai 238) – Premier empereur issu directement de l’armée, Maximin inaugure la phase la plus dure de l’anarchie militaire. Son règne, dominé par les campagnes et la pression fiscale, se termine par une révolte générale : il est assassiné avec son fils lors du siège d’Aquilée, en 238.