Numlmus frappé à Cyzique sous Arcadius (383–408)
A/ D N ARCADIVS P F AVG
Buste diadémé, casqué et cuirassé de face, légèrement tourné à droite, tenant une haste de la main droite et un bouclier orné d'une croix de la main gauche.
R/ CONCORDIA AVGG G
Constantinopolis assise de face, tête tournée à droite, le pied gauche posé sur une proue de navire, tenant un sceptre de la main droite et une Victoire sur globe de la main gauche ; à l'exergue : SMKA.
Ø 16,98 mm ;
2,53 g
Réf : RIC X, 94 (Cyzique)
Très bel exemplaire dont la frappe nette restitue avec fidélité le buste casqué de face — portrait caractéristique de la propagande impériale de la fin du IVe siècle.
Cette monnaie appartient à la série CONCORDIA AVGG frappée à Cyzique entre 401 et 403, au nom d'Arcadius mais également au profit d'Honorius et du jeune Théodose II, coémetteurs de la légende. La marque d'atelier SMKA — Sacra Moneta Kyzici, officina A — identifie la première officine de l'atelier de Cyzique, l'une des grandes monnaies impériales d'Orient. Le revers, avec la figure assise de Constantinopolis tenant la Victoire sur globe et le pied posé sur une proue, reprend un type iconographique puissant établi dès Constantin Ier : la personnification de la Nouvelle Rome victorieuse, maîtresse des mers. La troisième lettre G de la légende CONCORDIA AVGG G renvoie précisément à Théodose II, désigné augustus le 10 janvier 402 à l'âge de moins d'un an — terminus post quem de cette émission. En bon état de conservation, ce type reste recherché des collectionneurs spécialisés dans le monnayage théodosien.
ARCADIUS (383–408)
Flavius Arcadius, fils aîné de Théodose Ier, fut associé à l'empire dès 383 avant de recevoir la part orientale à la mort de son père en 395. Âgé de dix-huit ans à peine, il régna sous la tutelle effective de ministres tout-puissants — d'abord Rufin, puis l'eunuque Eutrope, enfin le préfet Anthémius. Son règne fut marqué par les tensions avec son frère Honorius, souverain d'Occident, par la révolte du général wisigoth Gaïnas (399–400) et par les incursions d'Alaric en Macédoine et en Grèce. Sur le plan religieux, Arcadius soutint fermement l'orthodoxie nicéenne et présida à l'exil de Jean Chrysostome en 404. À sa mort en 408, il laissait un empire d'Orient relativement stabilisé, transmis à son fils Théodose II, âgé de sept ans.
Fiche technique