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Denier frappé à Rome sous Domitien, alors César sous Vespasien (76-77)
A/ CAESAR AVG F DOMITIANVS
Tête laurée de Domitien à droite.
R/ COS IIII
Pégase debout à droite, patte avant gauche levée.
Ø 20 mm ;
2,97 g
Réf : RIC II.1 921 (Vesp.) ; RSC 47 ; BMCRE 193 (Vesp.) ; Sear RCV 2637
Exemplaire présentant un aspect modeste mais pleinement lisible en main, avec une belle patine et une bonne lisibilité des légendes et des types. Ce denier appartient aux émissions produites sous l'autorité de Vespasien pour son second fils Domitien, alors César, au cours de l'année de son quatrième consulat (76-77). La légende de droit CAESAR AVG F DOMITIANVS, « Domitianus, fils de l'Auguste », traduit avec une clarté programmatique la volonté flavienne d'affirmer la légitimité dynastique du jeune prince : il est le sang de l'Auguste, le vecteur de continuité du pouvoir.
Le revers au Pégase est parmi les plus remarquables de tout le monnayage de Domitien-César. Le cheval ailé, fils de Poseiïdon et de la Gorgone Méduse, incarne dans la mythologie grecque et romaine l'élévation, la faveur divine et l'aspiration héroïque. Son apparition dans le monnayage flavien est relativement rare — les répertoires ne recensent qu'une poignée de types utilisant ce motif pour Domitien-César — et sa signification précise reste discutée : allusion au statut élevé du prince, rappel d'un vœu ou d'une association religieuse, ou simple choix de prestige ornémental en rupture avec les types plus institutionnels ? Ce qui est certain, c'est que le Pégase confère à ce denier une dimension poétique et ambitieuse qui tranche avec la production courante de l'atelier romain à cette date. Un témoins précieux des années de formation d'un prince qui deviendra l'un des empereurs les plus complexes et les plus contestés du Haut-Empire.
DOMITIEN (13/09/81 – 18/09/96) Titus Flavius Domitianus, fils cadet de Vespasien et frère de Tite, naquit à Rome le 24 octobre 51. À la mort de Vespasien en 79, c'est Tite qui succède, et Domitien dut patienter jusqu'au 13 septembre 81 pour monter sur le trône. Son règne de quinze ans est l'un des plus ambiguïs du Haut-Empire : administrateur méticuleux et réformateur efficace des finances publiques, il mena des campagnes militaires en Bretagne, en Dacie et en Germanie, consolida le limes rhénan et danubien et s'attacha une profonde loyauté armée. Sa relation avec le Sénat fut en revanche catastrophique : exigeant d'être appelé « dominus et deus », il fit exécuter de nombreux sénateurs et inaugura ce que Tacite décrit comme une ère de terreur. Assassiné le 18 septembre 96 lors d'un complot de palais, il subit la damnatio memoriae décrétée par le Sénat. Nerva lui succéda et inaugura la période des Antonins.
Fiche technique