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A/ Dans un cercle de grènetis mal conservé, buste de la Mère de Dieu orante, le médaillon du Christ sur la poitrine. De part et d'autre : ΜΗΡ ΘΥ — Μή(τη)ρ Θ(εο)ῦ, « Mère de Dieu ».
R/ Dans un cercle de grènetis mal conservé, inscription sur cinq lignes, précédée d'une croix :
+ / ϹΦΡΑ / ΓΙϹ ΛΕΟΝ / ΤΟϹ ΤΟV ΧΑ / ΡϹΙΑΝΙΤΟΥ
— développement : Σφραγὶς Λέοντος τοῦ Χαρσιανίτου, « Sceau de Léon Charsianités ».
Ø 22 × 24 mm ;
6,98 g
Sceau de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle appartenant à Léon Charsianités, dont la légende du revers est précédée, selon l'usage habituel, d'une croix marquant le début de l'inscription. Le droit présente un buste de la Théotokos orante avec le médaillon du Christ Emmanuel sur la poitrine — type iconographique de la Blachernitissa ou de la Nikopoios selon les variantes —, formule dévotionnelle fréquente dans la sigillographie byzantine de la seconde moitié du XIe siècle.
La légende du revers se structure autour de la formule nominale classique : Σφραγὶς Λέοντος τοῦ Χαρσιανίτου, « Sceau de Léon Charsianités », sans mention de titre ou de fonction. Cette absence de titre est notable mais non exceptionnelle dans la production sigillaire aristocratique de cette période, où le seul nom de famille peut suffire à identifier le propriétaire au sein de réseaux administratifs et fonciers établis.
Le nom de famille Charsianités (Χαρσιανίτης) se rattache vraisemblablement au thème de Charsianon en Cappadoce, dont il constitue un dérivé onomastique. La famille est attestée dans les sources sigillographiques et documentaires de la seconde moitié du XIe et du XIIe siècle : on connaît notamment des sceaux d'un Michel Charsianités, protospathaire et notaire impérial (2e moitié du XIe s.), d'un Théodore Charsianités (2e moitié du XIe s.), d'un Diogène Charsianités, magistre (dernier tiers du XIe – début XIIe s.), d'un Georges Charsianités (1re moitié du XIIe s.) et d'un Basileios Charsianités (fin XIe – 2e tiers du XIIe s.). Un autre Leon Charsianités est par ailleurs attesté dans la collection Zacos, avec un type différent (buste de saint Nicolas au droit). La famille est également documentée dans les actes d'archives : un Constantin Charsianités apparaît dans un acte de 1080 relatif à un différend entre les monastères de la Lavra et de Xéropotamos, et un Eustathios Charsianités est attesté comme patrice, stratège et administrateur de Samos en 1087.
Ces attestations convergentes placent notre Léon dans un contexte familial bien enraciné dans l'aristocratie provinciale et administrative byzantine de la période comnène naissante, sans qu'il soit possible, en l'absence de titre et de sources complémentaires, de l'identifier à l'un des personnages connus par ailleurs.
Fiche technique