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Rare et recherché !
A/ Tête barbue de chevalier à gauche, casquée et ornée d’une croix ; croissant à gauche, étoile à cinq branches à droite.
R/ Croix pattée au centre ; dans le champ supérieur droit, croissant tourné vers le bas.
Ø 10/11 mm ;
0,28 g
Réf. : Wäckerlin 148 ; cf. CCS –, Metcalf –
Ce denier de Bohémond III, prince d’Antioche (1163–1201), illustre l’un des phénomènes monétaires les plus singuliers des États latins d’Orient : le rognage systématique de certaines pièces pour les ramener au poids d’un obole . Alors qu’un denier « normal » pèse en moyenne entre 0,70 et 0,95 g, cet exemplaire ne fait plus que 0,28 g, preuve d’une réduction très poussée et régulière. Plusieurs trouvailles et exemplaires connus montrent que ce rognage n’était pas le fruit de manipulations isolées, mais correspondait probablement à une adaptation institutionnelle des ateliers d’Antioche aux besoins de la circulation locale. Au droit, on retrouve le chevalier barbu casqué, symbole martial et féodal, encadré d’un croissant et d’une étoile ; au revers, la croix pattée, emblème fort des Croisades, associée à un croissant inversé. Ces motifs témoignent de la rencontre entre l’iconographie occidentale et les influences orientales. Ce type de pièce rognée est aujourd’hui particulièrement recherché, car il reflète directement les ajustements économiques des principautés franques d’Orient au XIIe siècle, et offre un témoignage rare de l’histoire monétaire pragmatique d’Antioche.
Fiche technique