✦ qualité ✦
A/ .CAROL. II. D. G. HISP. ET. INDIAR. REX. – 16 ✋ 73
Buste de Charles II jeune, drapé à droite, portant le collier de l'Ordre de la Toison d'or.
R/ .EX. VNGVE. LEONEM. – .16 ✋ 73.
Patte de lion sortant d'une nuée, tenant un sceptre couronné.
Ø 34 mm ;
6,41 g – Tranche lisse
Réf : F.14004
Rare voire impossible de trouver meilleur qualité pour ce type !
La marque ✋ — la célèbre Main d'Anvers — qui ponctue la date au droit comme au revers identifie sans ambiguïté l'atelier d'Anvers, haut lieu de la production de jetons des Pays-Bas espagnols aux XVIe et XVIIe siècles. Cette main stylisée, emblème héraldique de la ville, est l'une des marques monétaires les plus reconnaissables de la numismatique médiévale et moderne.
La devise du revers — Ex ungue leonem — est un adage latin signifiant littéralement « à la griffe, on reconnaît le lion ». Expression proverbiale désignant la capacité à juger un tout à partir d'un seul indice, elle prend ici une dimension politique forte : la patte du lion tenant le sceptre couronné symbolise l'autorité royale espagnole sur les Pays-Bas, affirmée avec ostentation sur ce jeton de compte émis en pleine guerre de Hollande (1672-1678). En 1673, Louis XIV venait d'envahir les Provinces-Unies ; le contexte de ce jeton est donc celui d'une souveraineté espagnole mise à rude épreuve.
Les jetons des Pays-Bas espagnols sont des témoins précieux de l'administration habsbourgeoise dans les Provinces méridionales. Utilisés dans les chambres des comptes pour les calculs arithmétiques, ils constituaient également un vecteur de propagande dynastique soigneusement orchestré. Le portrait de Charles II enfant, drapé et orné de la Toison d'or, illustre parfaitement cette double fonction.
CHARLES II D'ESPAGNE (17/11/1665 – 1/11/1700) — Né le 6 novembre 1661, fils de Philippe IV et de Marie-Anne d'Autriche, Charles II est le dernier des Habsbourgs d'Espagne. Accablé de tares héréditaires au point de peiner à se tenir debout, il devient roi à l'âge de quatre ans sous la régence de sa mère. Il épouse Marie Louise d'Orléans, nièce de Louis XIV, puis Marie-Anne de Neubourg. Son règne est marqué par l'affaiblissement continu de la puissance espagnole et la perte de territoires essentiels, dont la Franche-Comté et la Flandre française. Mort sans héritier en 1700, il désigne par testament Philippe, duc d'Anjou et petit-fils de Louis XIV, comme successeur au trône d'Espagne — déclenchant aussitôt la guerre de Succession d'Espagne (1700-1713), qui remodela durablement l'Europe.
Fiche technique