A/Buste De Maurice Tibère De face couronné, Drapé et cuirassé, tenant un globe crucigère De la main Droite
R/ Grand I (= 10 nummi) ; croix au-dessus, étoile à gauche et à droite ; NIKO en exergue.
Ø 19 mm ;
2,00 g
Réf : Sear 515
Le revers reprend le système de valeur issu de la réforme monétaire de 498, introduite sous Anastase Ier : le grand I désigne dix nummi, fraction du follis (40 nummi). Ce système, fondé sur des lettres grecques correspondant aux valeurs numériques (M = 40, K = 20, I = 10, E = 5), reste l'une des innovations les plus lisibles et les plus durables du monnayage byzantin. La présence des deux étoiles flanquant le I est une marque décorative et symbolique caractéristique de certaines émissions de Nicomédie.
La marque d'atelier NIKO identifie Nicomédie (actuelle Izmit, dans le nord-ouest de la Turquie), l'un des grands ateliers monétaires provinciaux de l'Empire byzantin sous les empereurs justiniens et post-justiniens. Actif depuis l'époque romaine, cet atelier joua un rôle stratégique dans l'approvisionnement en monnaie de bronze des provinces d'Asie Mineure.
Ce type constitue une pièce d'entrée de gamme accessible pour les collections byzantines, tout en offrant une iconographie d'une grande richesse symbolique. Il trouvera naturellement sa place dans une collection thématique consacrée aux ateliers provinciaux, à l'iconographie consulaire ou au règne de Maurice Tibère.
Maurice Tibère (582–602) — Général d'origine cappadocienne, Maurice monta sur le trône en épousant Constantina, fille de Tibère II, dont il avait été le bras armé en Orient. Son règne fut marqué par des guerres incessantes sur tous les fronts : contre les Perses sassanides à l'Est, où il parvint à rétablir une paix favorable en 591 en soutenant le prétendant Khosrô II, et contre les Avars et les Slaves dans les Balkans, où la situation ne cessa de se dégrader. Administrateur rigoureux, il réorganisa l'Empire en exarchats — Ravenne et Carthage — préfigurant les thèmes militaires du VIIe siècle. Son autorité fut finalement renversée par la révolte du centurion Phocas en 602 ; Maurice et ses fils furent exécutés. Son règne marque la fin de la période proto-byzantine et l'aube de la véritable transformation médiévale de l'Empire.
Fiche technique