A/ Anépigraphe
Tête d'Artémis à droite, carquois sur l'épaule.
R/ BAΣIΛEΩΣ ΣEΛEYKOY
Apollon assis à gauche sur un omphalos, tenant une flèche de la main droite et s'appuyant sur un arc ; monogrammes à gauche.
Ø 15 mm ;
3,08 g
Réf : SC 922 ; SNGIs 509
Ce petit bronze d'Antioche frappe par la densité symbolique de son iconographie. Le droit présente la tête d'Artémis coiffée de son carquois, déesse de la chasse et protectrice des armées en campagne, dont le culte était profondément enraciné dans le monde hellénistique syrien. Elle forme avec Apollon, au revers, un couple divin cohérent : frère et sœur, tous deux porteurs de l'arc, ils incarnent ensemble la puissance apollinienne revendiquée par la dynastie séleucide.
Car c'est bien Apollon qui est au cœur de la légitimité séleucide. Selon la tradition dynastique propagée par Séleucos Ier Nicator lui-même, le fondateur de la ligne était fils d'Apollon — une naissance divine que les successeurs ne cessèrent d'entretenir sur leurs monnaies. Assis sur l'omphalos, la pierre sacrée de Delphes considérée comme le nombril du monde, Apollon désigne ici le souverain comme l'élu des dieux et le centre de l'univers hellénistique. La flèche tenue en main et l'arc sur lequel il s'appuie rappellent le dieu archer, maître de la lumière et de la divination. Les monogrammes visibles à gauche du champ constituent des marques de contrôle monétaire propres à l'atelier d'Antioche, précieux jalons pour les numismates spécialistes du monnayage séleucide. Un bronze de règne très bref, et pour cette raison peu commun.
Séleucus III Céraunos (c. 243 – 223 av. J.-C., règne : 225 – 223 av. J.-C.)
Fils de Séleucus II Callinicos et d'Laodice II, Séleucus III reçut le surnom de Céraunos — « le Foudre » — dont l'origine reste incertaine : tempérament fougueux, ambition militaire affichée, ou simple sobriquet propagandiste. Son règne fut l'un des plus courts de la dynastie séleucide : à peine deux ans. Dès son avènement, il entreprit une campagne militaire en Asie Mineure afin de reprendre les territoires perdus par son père face à Attale Ier de Pergame. Cette entreprise lui fut fatale : il fut assassiné en 223 av. J.-C. par deux officiers macédoniens de sa propre armée, dans des circonstances qui demeurent obscures — trahison personnelle ou complot politique. Il n'eut pas de descendance connue et fut remplacé par son frère cadet, le célèbre Antiochos III le Grand, qui allait porter l'empire séleucide à son apogée.
Fiche technique