A/ Figure debout, les bras levés en position d'orant, probablement le prophète Daniel encadré de deux lions — iconographie rarissime dans la coroplastie et la glyptique byzantines des premiers siècles.
R/ Monogramme cruciforme peu lisible. Lettres partiellement identifiées : Ε (ou Θ / Ο) à gauche ; lettre indéterminée à droite ; Ρ au-dessus portant ΟΥ ; Δ en bas, contenant peut-être Α.
Lecture retenue (incertaine) : Ἀνδρέου — si Ε à gauche et Ν à droite.
Ø 14 mm ;
1,52 g
Pièce d'un intérêt iconographique enteressant, dont l'état de conservation rend néanmoins difficile toute lecture définitive. Le petit module (14 mm, 1,52 g) est caractéristique des tessères de plomb byzantines des Vᵉ–VIᵉ siècles, catégorie de pièces fonctionnellement et typologiquement distincte des sceaux de chancellerie : les tessères servaient à l'identification de personnes, à l'accès à des distributions de vivres (annone), ou encore à marquer l'appartenance à une institution ecclésiastique ou charitable.
Le droit représente vraisemblablement le prophète Daniel en position d'orant — les bras levés, encadré de deux lions. Cette scène renvoie directement à l'épisode de la fosse aux lions (Daniel 6, 17–24), l'un des thèmes de l'Ancien Testament les plus précocement figurés dans l'art paléochrétien (catacombes romaines, sarcophages du IVᵉ siècle). Sa présence sur une tessère de plomb du premier siècle byzantin est néanmoins d'une rareté insigne : les figures de Daniel orans y sont attestées, mais demeurent très peu nombreuses dans le corpus connu. L'iconographie renvoie à la tradition de Daniel comme figure de salut et d'intercession, et sa mobilisation sur un objet personnel ou institutionnel du Vᵉ–VIᵉ siècle témoigne d'une religiosité vive, ancrée dans la typologie scripturaire.
Au revers, le monogramme cruciforme appartient au type dit « en croix », dont la diffusion est massive à Byzance entre le Vᵉ et le VIIᵉ siècle. Dans ce système, chaque bras de la croix porte une lettre ou un groupe de lettres, dont la combinaison forme un nom au génitif (construction propriétaire) ou au datif (construction dédicatoire). Les éléments identifiés — Ρ au-dessus portant ΟΥ, Δ en bas avec Α en ligature possible — conduisent à proposer la lecture Ἀνδρέου, génitif du nom Ἀνδρέας, à la condition que Ε soit confirmé à gauche et Ν à droite. Cette lecture reste toutefois hypothétique : le mauvais état de lecture des lettres latérales empêche de trancher, et d'autres expansions demeurent possibles. Le patronyme Ἀνδρέας est très fréquent dans la documentation byzantine des premiers siècles, sans que l'on puisse ici proposer d'identification prosopographique précise.