- Nouveau
✦ assez Rare ✦
A/ Sans légende ; dans le champ : B – B
La Vierge nimbée, debout de face, légèrement tournée vers la gauche, en position orante (mains levées en prière).
R/ Sans légende
Michel VIII assis de face sur un trône sans dossier, tenant un sceptre surmonté d'un labarum dans la main droite et un globe surmonté d'une croix patriarcale dans la main gauche.
Ø 23,68 mm ;
2,48 g
Réf : SB 2274 ; DOC V.2, 86-90 ; Grierson 1351 ; Sommer 77.x
Exemplaire en bel état de conservation (Very Fine), avec une iconographie bien lisible sur les deux faces malgré la forme scyphate (concavo-convexe) caractéristique des trachea byzantins.
Ce trachy de bronze — ou trachy de billon très appauvri — a été frappé à Constantinople sous Michel VIII Paléologue, le restaurateur de l'Empire byzantin. Le droit présente la Vierge orante, debout et nimbée, protectrice par excellence de Constantinople. Ce choix iconographique est hautement significatif : c'est sous l'invocation de la Théotokos que Michel VIII reconquit la Ville en 1261, mettant fin à plus d'un demi-siècle d'occupation latine. La Vierge orante est ainsi le symbole même de la légitimité recouvrée de l'Empire restauré. Les lettres B – B dans le champ correspondent vraisemblablement à une marque d'officine ou un sigle monétaire.
Au revers, l'empereur est représenté trônant de face, dans la majesté impériale, tenant les insignes du pouvoir : le sceptre au labarum — emblème constantinien par excellence — et le globe surmonté d'une croix patriarcale, signe de la prétention universelle de l'Empire. Le trône sans dossier est un élément iconographique courant sur les trachea des Paléologues.
Le trachy, dénomination héritée de la réforme d'Alexis Ier Comnène (1092), conserve sa forme scyphate tout au long du XIIIe siècle, bien que sa teneur en métal précieux ait considérablement décliné. Sous Michel VIII, ces pièces constituent l'essentiel du numéraire courant, reflet d'un Empire reconstitué mais financièrement épuisé par les efforts de reconquête et par la politique diplomatique coûteuse que le basileus mena, notamment en direction de la papauté pour tenter l'union des Églises au concile de Lyon (1274).
MICHEL VIII PALÉOLOGUE (1er janvier 1259 – 11 décembre 1282)
Issu de la haute aristocratie byzantine, Michel Paléologue s'empara de la régence de l'Empire de Nicée au détriment du jeune Jean IV Lascaris, qu'il fit aveugler en 1261. Le 25 juillet 1261, son général Alexis Stratègopoulos reprit Constantinople aux Latins, quasiment sans combat, mettant fin à l'Empire latin fondé en 1204. Michel VIII y fit son entrée solennelle le 15 août, jour de la Dormition de la Vierge — choix symbolique consacrant la protection mariale sur la Ville. Restaurateur de l'Empire, il consacra son règne à en défendre les frontières contre les Turcs en Anatolie, les Bulgares dans les Balkans et surtout Charles d'Anjou, dont il déjoua les projets de reconquête latine en fomentant les Vêpres siciliennes (1282). Sa politique d'union religieuse avec Rome, conclue au concile de Lyon II en 1274, lui valut l'hostilité de l'Église orthodoxe. Il mourut en campagne en Thrace en décembre 1282, et sa dépouille fut privée de funérailles impériales par son fils et successeur Andronic II, qui répudia l'union.
Fiche technique