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A/ La Vierge nimbée, debout de trois quarts à droite, la tête de face, les deux mains levées en position orante.
R/ Jean III debout de face, tenant un sceptre surmonté d'un labarum dans la main droite et une croix patriarcale dans la main gauche.
Ø 19,80 mm ;
2,39 g
Réf : SB 2119 ; DOC IV.2, 61
Exemplaire en bel état de conservation et dotée d'une belle patine verte, avec une iconographie bien lisible sur les deux faces — ce qui mérite d'être souligné pour ces petits bronzes nicéens, souvent frappés sur des flans irréguliers et sujets à l'usure.
Ce tétartèron de bronze a été frappé à Magnésie du Méandre, l'une des deux grandes cités de l'Empire de Nicée avec Nicée elle-même. Magnésie servit de résidence principale à Jean III Vatatzès et accueillit l'essentiel de la production monétaire nicéenne sous son règne. Le choix de la Vierge orante au droit s'inscrit dans la continuité de l'iconographie impériale byzantine : la Théotokos demeure la protectrice de l'Empire, même en exil. La posture de trois quarts, tête de face, est caractéristique de ce type nicéen et le distingue des représentations constantinopolitaines antérieures.
Au revers, l'empereur est figuré debout en pied, tenant les insignes du pouvoir impérial — le sceptre au labarum et la croix patriarcale — affirmation visuelle de la légitimité d'un Empire qui, bien que privé de Constantinople depuis 1204, n'a jamais renoncé à son titre universel. L'absence de légende, fréquente sur les tétartèra de cette période, reflète les contraintes d'un petit module qui ne laisse guère de place à l'épigraphie.
JEAN III DOUKAS VATATZÈS (décembre 1221 – 3 novembre 1254)
Gendre et successeur de Théodore Ier Lascaris, Jean III Doukas Vatatzès est unanimement considéré comme le plus grand souverain de l'Empire de Nicée. Administrateur hors pair, il redonna à l'État byzantin en exil une prospérité économique remarquable, développant l'agriculture et le commerce au point de constituer un trésor impérial considérable. Sur le plan militaire, il reconquit la Thrace et une grande partie de la Macédoine aux dépens de l'Empire latin de Constantinople, du despotat d'Épire et du royaume bulgare. Il étendit également l'autorité nicéenne sur les îles égéennes. Sa politique diplomatique, habile et patiente, posa les fondements de la reconquête finale de Constantinople. Vénéré par la population pour sa justice et sa générosité, il fut canonisé par l'Église orthodoxe sous le nom de saint Jean le Miséricordieux. Il mourut à Nymphaion le 3 novembre 1254.
Fiche technique