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Près de 800 sceaux byzantins de plomb réunis par Adolfo Eidelstein et étudiés par Jean-Claude Cheynet : un corpus exceptionnel, doté d'une provenance archéologique homogène — chose rarissime en sigillographie — celle de Césarée Maritime, capitale de Palaestina Prima.
The seals of the collection Adolfo Eidelstein : Caesarea Maritima constitue le volume 22 de la collection Archives de l'Orient chrétien, publiée par l'Institut d'études byzantines et diffusée par Peeters. Rédigé conjointement par Jean-Claude Cheynet, autorité internationale en sigillographie byzantine, et Adolfo Eidelstein, qui a patiemment réuni le corpus pendant plus d'un demi-siècle, l'ouvrage s'inscrit dans la lignée des grandes publications de collections privées qui renouvellent depuis quelques années notre connaissance des élites administratives, militaires et ecclésiastiques de l'Empire romain d'Orient.
L'intérêt majeur de cet ensemble tient à son homogénéité géographique : les quelque huit cents bulles de plomb proviennent toutes de Césarée Maritime ou de ses environs immédiats. Or, en sigillographie byzantine, la provenance précise des sceaux publiés demeure le plus souvent inconnue, ce qui prive les chercheurs d'un précieux outil de contextualisation. Le corpus Eidelstein offre ainsi une fenêtre unique sur les communications administratives, militaires et religieuses d'une grande capitale provinciale tardo-antique.
Fondée par Hérode le Grand, devenue colonie romaine puis capitale de Palaestina Prima en 390, Césarée Maritime fut un centre intellectuel de premier ordre — patrie d'Eusèbe de Césarée et de Procope — et la dernière capitale provinciale d'Orient à résister à la conquête arabe. Les sceaux datent principalement du siècle précédant la conquête perse, avec quelques pièces antérieures, notamment des sceaux impériaux et des bulles liées aux activités commerciales. De nombreux parallèles chypriotes attestent la régularité des correspondances entre la province et la capitale impériale, vraisemblablement transitées par Chypre.
L'iconographie est marquée par l'empreinte chrétienne caractéristique du dernier siècle de l'administration romaine en Orient : croix du Golgotha, Myrrophores au Tombeau, références à saint Cornelius. L'état de conservation parfois précaire de certains sceaux conduit les auteurs à proposer des lectures et identifications prudemment hypothétiques, qu'ils espèrent voir confirmées ou amendées par les travaux à venir — démarche scientifique exemplaire, qui ouvre explicitement le chantier à la communauté des chercheurs.
Avec ses 405 pages, ses illustrations en couleurs et ses index complets, cet ouvrage s'imposera durablement comme la référence pour l'étude de Césarée Maritime et de l'administration tardo-antique en Palestine byzantine. Il intéressera autant les sigillographes que les historiens de l'Orient chrétien, les archéologues de l'Antiquité tardive ainsi que les bibliothèques universitaires soucieuses de couvrir l'historiographie byzantine la plus récente.
Fiche technique