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Dekanoummion frappé à Antioche sous Maurice Tibère (582-602)
A/ Buste impérial de face, couronné, vêtu des habits consulaires.
R/ ANNO à gauche , Grand X (valeur de dix nummi) surmonté d'une croix au cenre, indication d'année (lecture probable : ANNO I, soit la première année de règne, 582-583 ). À l'exergue : R.
Ø 18 mm ;
2,63 g
Réf : Sear 536 ; MIB 100
Dekanoummion (10 nummi) frappé à l'atelier d'antioche sous Maurice Tibère. La pièce illustre l'iconographie consulaire chère au monnayage byzantin du VIᵉ siècle : l'empereur s'y présente non en militaire mais en magistrat suprême, héritier d'une romanité que Maurice s'efforçait de maintenir vivante dans l'Italie devenue exarchat. Au revers, le grand X marque la valeur de la pièce (dix nummi) ; la croix qui le surmonte traduit la christianisation systématique des marques de valeur byzantines.
La datation par année de règne (ANNO + chiffre), introduite par Justinien Ier sur les bronzes en 538/539, permet une chronologie fine de l'émission. Si la lecture « année 1 » se confirme, cet exemplaire appartient aux toutes premières émissions de Maurice à Rome, frappées entre août 582 et août 583.
MAURICE Ier TIBÈRE (13 août 582 – 27 novembre 602)
Flavius Mauricius Tiberius, né vers 539 en Cappadoce, fut comte des excubiteurs sous Tibère II Constantin, qui l'adopta et le porta au trône en août 582. Empereur expérimenté, à la fois militaire et administrateur, il restructura la défense de l'Empire en créant les exarchats de Ravenne (vers 584) et de Carthage (vers 591), tentant de coordonner les forces civiles et militaires des provinces les plus exposées. En 591, il conclut un avantageux traité avec la Perse sassanide à la faveur de la restauration du roi Khosrow II par les armes byzantines. Mais sa politique d'austérité financière, son refus de racheter des prisonniers aux Avars en 599 et sa décision d'imposer à l'armée balkanique un hivernage hostile au-delà du Danube provoquèrent en 602 la révolte du centurion Phocas. Maurice s'enfuit avec sa famille, fut capturé à Chalcédoine où il vit égorger ses fils sous ses yeux avant d'être exécuté le 27 novembre 602. Son renversement ouvrit une période de désordre dont l'Empire ne se relèvera qu'avec Héraclius en 610.
Fiche technique