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✦ très Rare ✦
Jeton d'inauguration en cuivre rouge frappé en 1744 à l'occasion de l'accession de Marie-Thérèse à la souveraineté des Pays-Bas autrichiens — variante rare avec légende HAC ARA.
A/ MAR · TH · D · G · R · HVNG · BO · D · BRA · C · FLA · INAVGVR
Buste drapé de Marie-Thérèse à droite, coiffée et le buste paré ; sous le buste, la date 1744 ; à la coupure du bras, la lettre R, initiale du graveur général Jacques Roëttiers.
R/ HAC · ARA · TVEBITVR · OMNES — à l'exergue : FIDES PVBLICA
Autel allumé sur lequel brûle le feu sacré ; au-dessus, deux mains sortant de nuages s'unissent pour tenir un caducée croisé de deux épis de blé en sautoir.
Ø 30 mm ;
5,60 g
Cuivre rouge. Tranche cordée.
Réf : De Witte, « Les jetons et les médailles d'inauguration frappés par ordre du gouvernement général aux Pays-Bas autrichiens 1717-1794 », Revue belge de numismatique, 1898, p. 332-333, n°1 (JETONS), pl. IX, n°13 — variante en cuivre rouge avec HAC ARA pour HÆC ARA, attestée par De Witte d'après la collection V. De Munter.
Le 20 avril 1744, Marie-Thérèse fut solennellement inaugurée comme duchesse de Brabant-Limbourg dans les bailles du palais de Bruxelles, le serment étant prêté en son nom par son beau-frère Charles-Alexandre de Lorraine. La cérémonie fut répétée à Gand le 27 avril pour le comté de Flandre, puis le 4 mai dans les autres provinces (Hainaut, Luxembourg, Namur, Malines), enfin à Ruremonde et Tournai le 18 mai. À chacune de ces cérémonies, les conseillers des Domaines et Finances jetèrent au peuple, depuis les fenêtres des hôtels de ville, des médailles et jetons d'or, d'argent et de cuivre frappés à cet effet par ordre du gouvernement général, sous la direction du graveur Jacques Roëttiers.
L'iconographie est éminemment politique. La légende du revers, HAEC ARA TUEBITUR OMNES (« Cet autel protégera tous »), désigne l'autel de la FIDES PUBLICA — la Foi publique — comme garante du pacte solennel liant la nouvelle souveraine à ses sujets des Pays-Bas. Les deux mains jointes, sortant de nuages, symbolisent l'alliance scellée par le serment ; le caducée évoque la paix et la concorde, les épis de blé la prospérité que doit apporter ce règne. L'ensemble exprime le contrat d'inauguration, héritier de la « Joyeuse Entrée » brabançonne, par lequel la souveraine s'engageait à respecter les privilèges, droits et coutumes de ses sujets.
La présente pièce appartient au plus petit module officiel des jetons (30 mm de diamètre, environ 6 g pour les exemplaires d'argent), correspondant au coin gravé par Roëttiers et conservé au musée de l'Hôtel des monnaies de Bruxelles. Elle présente la variante de gravure caractéristique des frappes en cuivre rouge, avec la forme HAC au lieu de HÆC — particularité explicitement signalée par Alphonse de Witte dans son étude de référence parue dans la Revue belge de numismatique en 1898, qui en mentionnait alors l'unique exemplaire connu dans la collection V. De Munter. Témoignage tangible d'un moment fondateur du règne de Marie-Thérèse aux Pays-Bas, ce type de jeton, distribué à la foule au moment même de la prestation de serment, conserve la mémoire d'une cérémonie politique exceptionnelle.
MARIE-THÉRÈSE (13/5/1717 – 29/11/1780)
Fille aînée de l'empereur Charles VI, Marie-Thérèse hérita en 1740 des États héréditaires des Habsbourg en vertu de la Pragmatique Sanction, malgré l'opposition de la Prusse, de la Bavière et de la France, qui déclenchèrent la guerre de Succession d'Autriche. Souveraine des Pays-Bas autrichiens à partir de 1740 — inaugurée solennellement en 1744 —, elle conduisit ensuite un règne de réformes profondes touchant l'administration, la justice, l'éducation et l'armée. Épouse de François de Lorraine, devenu empereur en 1745, et mère de seize enfants dont Joseph II, Léopold II et Marie-Antoinette, elle demeure l'une des grandes figures politiques du XVIIIᵉ siècle européen.
Fiche technique