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Hémiobole frappé à Cyzique en Mysie (circa 410-400 av. J.-C.)
A/ Anépigraphe
Tête juvénile d'Attis à gauche, coiffé du bonnet phrygien ; au-dessous, thon à gauche.
R/ KYZI
Tête et encolure de taureau de face, légèrement tournée à droite.
Ø 8,53 mm ;
0,33 g
Réf : Nomisma IX, 20 ; SNG von Aulock 7336-7 ; Klein 268.
Cyzique, grande cité grecque de la Propontide située sur la côte méridionale de la mer de Marmara, fut l'un des centres monétaires les plus actifs et les plus renommés de l'Asie Mineure entre la fin du VIᵉ et le IVᵉ siècle av. J.-C. Sa production est universellement connue pour ses statères d'électrum aux types iconographiques d'une variété extraordinaire, véritable monnaie internationale de la Méditerranée orientale, mais la cité émit également de très abondantes fractions d'argent destinées aux échanges du marché local.
L'iconographie de cet hémiobole reflète l'identité culturelle composite de la cité, à la fois grecque par sa fondation milésienne et profondément phrygienne par son substrat anatolien. Au droit, la tête juvénile coiffée du bonnet phrygien est traditionnellement identifiée à Attis, jeune parèdre de Cybèle, dont le culte rayonnait depuis la Phrygie sur l'ensemble de l'Asie Mineure occidentale. Sous le portrait figure le thon (tunny), emblème civique invariable de Cyzique qui apparaît sur la quasi-totalité de son monnayage et rappelle la richesse tirée des pêcheries de la Propontide. Au revers, la protomé taurine de face constitue un type récurrent du monnayage cyzicène, possiblement lié à un culte local.
Avec son module minuscule de quelques millimètres et son poids inférieur au demi-gramme, l'hémiobole représentait la plus petite des fractions d'argent en circulation et servait aux transactions quotidiennes les plus modestes du marché urbain. La datation circa 410-400 av. J.-C. place cette émission dans les dernières années de la guerre du Péloponnèse, période durant laquelle Cyzique, libérée de la tutelle athénienne après la bataille navale homonyme de 410, retrouva temporairement une plus grande autonomie politique et monétaire.
CYZIQUE (KYZIKOS) (fondation milésienne, VIIIᵉ siècle av. J.-C.)
Fondée par des colons venus de Milet, Cyzique occupait une presqu'île sur la côte sud de la Propontide, au carrefour des routes maritimes reliant la mer Égée au Pont-Euxin. Sa prospérité reposait sur sa position stratégique, ses pêcheries de thon et ses échanges agricoles. Dès la fin du VIᵉ siècle av. J.-C., elle devint l'un des principaux émetteurs d'électrum du monde grec : les célèbres statères « cyzicènes », à l'iconographie d'une diversité inégalée, comptèrent parmi les monnaies internationales les plus prisées de la Méditerranée orientale jusqu'au IVᵉ siècle av. J.-C. Membre de la première puis de la seconde Confédération athénienne, Cyzique conserva tout au long de la période classique son autonomie monétaire et son rayonnement commercial.
Fiche technique