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Voici les monnaies grecques passées par la boutique depuis son ouverture. Oboles et dioboles d'argent des cités d'Asie Mineure, bronzes civiques, monnayages des royaumes hellénistiques, drachmes parthes et sassanides : chaque pièce y figure avec sa description complète, ses deux faces photographiées, son poids, son diamètre et ses références.
La Grèce continentale est peu représentée ici. L'essentiel vient de la rive orientale de l'Égée et de l'intérieur anatolien : Ionie, Mysie, Troade, Carie, Lycaonie, Cilicie, Phrygie.
Ce sont les régions où la monnaie est née. Phocée, Érythrées, Cyzique, Éphèse, Kolophon, Ténédos, Pergame, Rhodes, Tarse, Apamée : des cités qui frappaient déjà à l'époque archaïque, avec des types souvent liés à leur identité propre – l'abeille d'Éphèse, la nymphe au sakkos de Phocée, le sanglier de Cyzique, la rosette d'Érythrées.
Ces monnayages ont un avantage pour le collectionneur : la variété y est immense et les prix restent accessibles, parce qu'ils exigent un travail d'identification que beaucoup de marchands n'ont pas le temps de faire. Une cité mineure de Carie ou de Lycaonie produit des pièces que l'on ne trouve dans aucun catalogue grand public.
L'argent grec de petit module forme le cœur de ce fonds : oboles, hémioboles, dioboles, tétroboles, hémidrachmes. Quelques millimètres, parfois moins d'un gramme.
Le collectionneur débutant les néglige, et c'est une erreur. Sur un flan de cette taille, le graveur devait résumer un type en un minimum de traits – et la qualité du travail y est parfois supérieure à celle des grandes pièces d'apparat. Une tête de bélier sur un hémiobole de Carie, une tête d'Athéna sur une obole d'Ionie : la maîtrise technique y est mesurable à l'œil.
Ces monnaies présentent aussi une particularité que ces archives rendent visible : le carré creux, cette empreinte géométrique qui occupe le revers des frappes archaïques et proto-classiques. Elle témoigne d'une technique de frappe primitive, où le coin de revers n'était pas encore gravé d'un type. Repérer un carré creux, c'est situer immédiatement une monnaie dans le temps.
Autant l'assumer : cette catégorie déborde le monde grec au sens strict, et c'est délibéré.
Les royaumes hellénistiques y figurent naturellement : Séleucides, Macédoine des Antigonides et des successeurs d'Alexandre, Pergame des Attalides. Ils frappent en grec, avec des types grecs, dans la continuité directe des cités.
Mais on y trouve aussi les Parthes, les Sassanides, les Nabatéens, les monnayages de la Perse achéménide tardive et des Kushans. Ces dynasties orientales ont repris le système monétaire grec – la drachme, le tétradrachme – parfois sa langue, souvent son iconographie, avant de développer leur propre répertoire. Les classer ailleurs aurait été plus arbitraire que de les regrouper ici.
L'intérêt de cette porosité est réel. Une drachme parthe de Mithradate II montre un portrait qui descend directement du modèle hellénistique ; une drachme de Chosroès II montre ce que ce modèle devient six siècles plus tard. Le rapprochement se fait ici, sur la même page.
Le monnayage grec n'a pas d'équivalent du RIC : sa dispersion géographique et chronologique interdit un corpus unique. Les références sont donc multiples et spécialisées.
Cette dispersion documentaire explique pourquoi la numismatique grecque demande plus de bibliothèque que les autres : chaque région a ses spécialistes et ses corpus. Les fiches archivées indiquent la référence retenue, et signalent l'incertitude quand l'attribution d'une cité reste discutée – vous verrez ainsi des intitulés portant un point d'interrogation, ce qui est plus honnête qu'une attribution affirmée sans preuve.
Le moteur de recherche interne accepte les noms de cités, de régions et de souverains, ainsi que les numéros de référence.
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