Byzantios (?) - Sceau byzantin en plomb (Ø 15 mm, 2,18 g). VIᵉ–VIIᵉ siècle
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Byzantios (?) - Sceau byzantin en plomb (Ø 15 mm, 2,18 g). VIᵉ–VIIᵉ siècle

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A/ Monogramme en bloc. Lettres minimales assurées : α, β, ο, υ, ζ.

R/ Empreinte sur tissu.

Ø 15 mm ; Balance bnumis 2,18 g


Commentaire :

Sceau de petit module datable des VIᵉ–VIIᵉ siècles, caractérisé par un monogramme complexe. Les lettres assurées permettent de proposer, avec prudence, une restitution du nom Byzantios, sous une graphie atypique du type BVZANTHOV. La forme cursive du bêta, volontairement gravée, pourrait relever d’un choix graphique de l’atelier et ne saurait être interprétée de manière certaine comme l’abréviation d’un titre ou d’une fonction. L’empreinte textile au revers renvoie à un usage administratif ou privé, fréquent à l’Antiquité tardive byzantine.

Analyse et interprétation du monogramme

L’étude de ce sceau byzantin de petit module, datable des VIᵉ–VIIᵉ siècles, s’est développée à partir d’un constat initial : la complexité et l’ambiguïté apparente de son monogramme en bloc, dont la lecture ne s’imposait pas immédiatement selon une orientation unique. Cette difficulté a conduit à une analyse méthodique de la structure graphique du monogramme, fondée sur l’observation attentive des formes, des ligatures et de la disposition spatiale des traits.

La première étape a consisté à rejeter l’hypothèse d’un sceau intentionnellement lisible dans deux sens distincts, solution incompatible avec la fonction fondamentale du sceau byzantin comme instrument d’identification univoque du détenteur. En revanche, l’examen a montré que certaines lettres ne deviennent lisibles qu’en considérant successivement les deux moitiés supérieures du champ, après rotation de l’objet à 180°, ce qui relève non d’une double lecture fonctionnelle, mais d’un procédé graphique de composition du monogramme.

Sur cette base, un noyau minimal de lettres assurées a été isolé, indépendamment des traits secondaires ou ambigus. L’analyse paléographique a permis de retenir avec certitude les caractères α, β, ο, υ et ζ, tout en laissant ouvertes les lectures plus hypothétiques de certains éléments pouvant évoquer ι, ν, η, π ou λ. Une attention particulière a été portée à la forme du bêta, volontairement tracé selon un ductus cursif, choix interprété comme stylistique plutôt que comme porteur d’une abréviation fonctionnelle explicite.

Les hypothèses successives ont été systématiquement confrontées aux usages connus de la sigillographie tardo-antique : absence quasi générale des toponymes isolés sur les sceaux de cette période, rareté des fonctions explicitement mentionnées dans les monogrammes précoces, nécessité grammaticale de la forme génitive pour les noms propres, et comparaison avec des parallèles publiés. Plusieurs pistes — anthroponymiques, toponymiques ou fonctionnelles — ont ainsi été envisagées, puis écartées lorsqu’elles entraient en contradiction avec les données paléographiques, grammaticales ou typologiques.

L’hypothèse finalement retenue repose sur une lecture cohérente de l’ensemble des lettres assurées, permettant de restituer, avec prudence, un nom propre sous une graphie inhabituelle mais attestable, sans supposer l’ajout d’une fonction ou d’un titre non démontrable. Cette solution présente l’avantage de rendre compte de la totalité des éléments graphiques pertinents du monogramme, tout en restant compatible avec les pratiques connues de la sigillographie des VIᵉ–VIIᵉ siècles.

En l’absence de parallèles strictement identiques, l’interprétation demeure ouverte et explicitement présentée comme une proposition raisonnée plutôt que comme une certitude. Elle illustre néanmoins une démarche rigoureuse, fondée sur la distinction entre données assurées et hypothèses, et sur l’intégration conjointe de l’analyse paléographique, grammaticale et typologique dans l’étude des sceaux byzantins anciens.

Merci à John M. pour une partie du travail fait sur ce rare sceau. 

lp576-975

Fiche technique

Sceau
Monogramme