- Vendu
Assez rare antoninien conjoint d'Aurélien et Vaballath, Antioche 271-272, Göbl 353a8 — seulement 40 exemplaires répertoriés.
A/ VABALATHVS V C R IM D R
Buste lauré et diadémé (bandeau), drapé de Vaballath à droite, vu de trois quarts en arrière (A*2). Rubans de type 3 aux extrémités bouletées. Ptéryges invisibles sous le paludamentum.
R/ IMP C AVRELIANVS AVG // Z
Buste radié et cuirassé d'Aurélien à droite, vu de trois quarts en avant (B). Rubans de type 3 aux extrémités bouletées. Ptéryges cloutées.
Ø 20/22 mm ;
3,55 g – Officine 7 – Émission 1
Réf : RIC V.1, 381 ; Cohen 1 (12f.) ; RHC 1 ; RCV 11718 ; LV 1636 ; Göbl 353a8 (40 ex.) ; La Venèra II.1/10809 (1 ex.) ; MRK 109/3
Bel exemplaire sur flan large et ovale, bien centré des deux côtés, aux portraits nets et expressifs. La patine sable, typique des monnaies d'Orient, est homogène et ancienne. Le poids est léger, l'argenture superficielle encore perceptible.
Cet antoninien matérialise la coexistence précaire et contradictoire entre deux pouvoirs : Aurélien, empereur légitime de Rome, et Vaballath, souverain de Palmyre qui se pare de titres romains tout en construisant un empire concurrent. Le droit au nom de Vaballath, le revers au nom d'Aurélien — la hiérarchie symbolique est claire pour Rome, mais elle ne durera pas.
La titulature de Vaballath au droit est particulièrement éloquente : Vir Clarissimus Rex Imperator Dux Romanorum. Il accumule les titres romains les plus élevés tout en se proclamant roi — une construction hybride révélatrice de l'ambiguïté politique de Palmyre vis-à-vis de Rome en 271. Cette Émission 1, frappée avant la rupture ouverte, reflète encore la fiction d'une subordination palmyrénienne acceptée.
AURÉLIEN ET VABALLATH (270 – 272) — Vaballath, fils de Zénobie et d'Odénath, succède à son père assassiné en 266 ou 267. Les Palmyréniens contrôlent alors la Syrie, la Palestine et l'Égypte, tout en maintenant une apparence de soumission à Rome — d'où l'émission de ces antoniniens à double portrait. Les relations se dégradent rapidement : Vaballath se proclame Auguste en 272. Aurélien réagit avec une célérité redoutable : il reprend l'Égypte, écrase l'armée palmyrénienne à Immae et à Émèse, et détruit Palmyre. Vaballath et Zénobie sont capturés et figurèrent dans le triomphe d'Aurélien à Rome en 274.
Fiche technique