A/ Dans un cercle de grenetis, buste de la Théotokos de face, tenant devant elle un médaillon du Christ ; croix de part et d'autre.
R/ Dans un cercle, monogramme cruciforme d'une grande complexité par rapport à ce que l'oj pourrait songer au premier abors.
Décomposition des branches : à gauche, Ε (pouvant inclure C et Γ) ; à droite, Ρ ; en bas, ω sur Α ; en haut, Τ soutenant ΟΥ.
Lecture retenue : Σεργίου Γαλατίου, soit Sergios fils de Galatios (ou inversement).
Une légère barre oblique sur la branche inférieure pourrait également être interprétée comme un Π ; cette hypothèse est discutée dans le commentaire.
Ø 20 × 22 mm ;
8,35 g
Le revers présente un monogramme cruciforme d'une notable complexité, dont la lecture soulève plusieurs difficultés paléographiques. Le monogramme cruciforme — défini par une croix dont chacun des quatre bras porte une ou plusieurs lettres — constitue le type d'identification dominant sur les sceaux byzantins de la période haute (Ve–VIIIe siècles). Les lettres identifiées sur les quatre branches permettent d'envisager une lecture combinant les noms Σέργιος et Γαλάτιος : à gauche, Ε, C (sigma lunaire) et Γ ; à droite, Ρ ; en bas, ω sur Α ; en haut, Τ soutenant la ligature ΟΥ. Cette distribution est cohérente avec les nombreux parallèles connus pour le monogramme de Σέργιος, lequel constitue l'une des formes les plus fréquentes et les mieux documentées de la sigillographie de cette période.
La formule Σεργίου Γαλατίου, par l'enchaînement de deux génitifs, correspond à la structure canonique de la désignation patronymique byzantine : le premier génitif désigne le nom du propriétaire du sceau, le second celui de son père. Cette construction est abondamment attestée sur les sceaux des VIe et VIIe siècles, bien avant l'introduction des noms de famille héréditaires dans l'onomastique byzantine. L'ordre des deux noms reste incertain : il peut tout autant s'agir de Sergios fils de Galatios que de Galatios fils de Sergios, les deux génitifs étant formellement équivalents dans ce contexte.
L'anthroponyme Σέργιος est l'un des plus fréquemment attestés dans la prosopographie byzantine des VIe et VIIe siècles. D'origine latine (Sergius), il avait été très largement adopté dans l'Orient hellénophone et se rencontre à tous les niveaux de la société byzantine, des hauts dignitaires civils aux militaires et aux clercs. L'anthroponyme Γαλάτιος est, en revanche, considérablement plus rare dans les sources sigillographiques et prosopographiques. Son étymologie renvoie à la Galatie, province d'Anatolie centrale, ce qui pourrait suggérer une origine géographique de la famille ou de son nom ; les anthroponymes d'origine topographique ne sont toutefois pas inhabituels dans l'onomastique byzantine de cette époque.
Une lecture alternative a été envisagée (merci à John Min) pour la branche inférieure du monogramme, sur laquelle une légère barre oblique est observable. Cet élément pourrait être interprété comme un Π (pi), ouvrant la possibilité de lire la fonction de praipositos (πραιπόσιτος). Le praipositos constituait à l'origine la dignité de grand chambellan (praepositum sacri cubiculi), avant que ce titre ne fût progressivement distribué comme dignité honorifique dans l'administration byzantine. Toutefois, l'absence de tout parallèle stylistique probant pour ce type de lettre dans ce contexte graphique conduit à préférer l'interprétation de cet élément comme composante d'un nom propre plutôt que comme abréviation d'une fonction. La lecture Σεργίου Γαλατίου est donc retenue comme la plus vraisemblable.
La datation aux VIe–VIIe siècles est cohérente avec le type iconographique de la Théotokos Nikopoios au droit, avec les conventions graphiques du monogramme cruciforme, et avec les caractéristiques générales de la glyptique plombée de la première période byzantine.
Fiche technique