A/ Champ divisé horizontalement en deux zones. Zone supérieure : demi-buste de la vierge aux bras en forme d'ailes à plumes, accosté d'une croix à gauche et d'une croix à droite.
Zone inférieure : monogramme cruciforme composé des lettres E, P, N et A ; E à gauche, N à droite, P au-dessus, A en bas (hors champs)
Lecture : Εἰρηναία (Eirenaia) ou Εἰρηνιανή (Eireniana) ?
Hors champ (restitué par un parallèle issu du même boulloterion, coll. G. Boersema)
R/ Monogramme cruciforme ; E à gauche, C (sigma lunaire) à droite, O en bas, P surmontant V (= Υ) au-dessus.
Lecture : Σεργίου — « de Sergios ».
Hors champ (restitué par le parallèle issu du même boulloterion, coll. G. Boersema) : demi-buste nimbé et barbu (le Christ ?) au-dessus du monogramme, accosté d'une croix à gauche et d'un croissant à droite ; à gauche sous la croix, une étoile
Ø 18 mm ;
5,38 g
Bulle protobyzantine d'une iconographie remarquable, qui réunit sur ses deux faces une composition hagiographique en diptyque : chaque face associe une figure céleste au monogramme d'un propriétaire. Une pièce jumelle (coll. G. Boersema), frappée du même boulloterion, en complète les éléments non imprimés sur l'exemplaire présenté et a servi à la restitution portée en « hors champ » dans la description.
Le monogramme cruciforme de la zone inférieure de la première face réunit les lettres E, P, N et A. Il livre un nom féminin dont la lecture onomastique précise demeure ouverte : les candidats linguistiquement recevables incluent Εἰρηναία (Eirenaia) ou Εἰρηνιανή (Eireniana), tous deux parfaitement formés en grec. Ces formes supposeraient cependant que le monogramme intègre également et idéalement un Η (éta) — mais la lecture reste possible avec le I qui le remplace.
Les noms féminins sont rares sur les sceaux byzantins, et particulièrement sur les bulles protobyzantines. La sigillographie et la glyptique de l'Antiquité tardive attestent toutefois la représentation de couples mariés, même si ceux-ci ne sont que rarement nommés explicitement sur les deux faces. La pièce pourrait relever de cette catégorie peu documentée : elle associerait l'époux Sergios — placé sous la protection du Christ, dont le buste figure au-dessus de son monogramme — à son épouse, placée sous celle de la Theotokos. Cette composition en diptyque, où chaque conjoint reçoit un patronage céleste distinct, confère à la pièce un intérêt documentaire pour l'histoire de la piété familiale protobyzantine.
Le revers livre la marque d'appartenance masculine sous la forme génitive Σεργίου, « de Sergios ». Le nom Σέργιος, d'origine latine (Sergius), connut une diffusion large dans l'espace byzantin, favorisée notamment par le culte de saint Serge vénéré à Resafa-Sergioupolis (Syrie). Il est porté par de nombreux dignitaires, militaires et ecclésiastiques des VIᵉ–VIIIᵉ siècles.
Fiche technique