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A/ Monogramme cruciforme : Λ à gauche, Φ au centre, Γ à droite, Α en bas, Ρ (valant Ο) au-dessus soutenant un V.
Lecture développée : Φιλαγρίου.
R/ Monogramme cruciforme en caractères latins : M à gauche, S rétrograde à droite, A en bas, R (valant O) au-dessus soutenant un V.
Lecture : Mauros ou Marius
Ø 13 mm ;
3,18 g
Sceau de belle qualité et de grand intérêt typologique. Son petit module — 13 mm — est caractéristique des sceaux du VIᵉ siècle, période de transition entre l'Antiquité tardive et l'époque protobyzantine, durant laquelle les bulles de plomb de petit format sont courantes dans l'administration civile et militaire de l'Empire.
L'originalité majeure de ce sceau réside dans la cohabitation de deux monogrammes cruciformes de natures distinctes : l'un en lettres grecques au droit, l'autre en caractères latins au revers. Ce bilinguisme graphique est particulièrement significatif pour le VIᵉ siècle, époque où l'administration impériale oscille encore entre les deux traditions linguistiques héritées de l'Empire romain. Le latin demeure la langue officielle du droit et de l'armée jusqu'à l'époque héraclienne (VIIᵉ siècle), tandis que le grec s'impose progressivement dans les sphères ecclésiastiques et culturelles.
Le monogramme cruciforme du droit, composé des lettres Λ, Φ, Γ, Α et d'un Ρ valant Ο soutenant un υ, se développe en Φιλαγρίου, génitif du nom Φιλάγριος (Philagrios). Ce nom est bien attesté dans la prosopographie byzantine du VIᵉ siècle (cf. PLRE III). Il s'agit d'un anthroponyme d'origine grecque, dont on connaît plusieurs porteurs dans les milieux administratifs et ecclésiastiques de l'Orient byzantin.
Le revers porte un monogramme cruciforme en lettres latines (M, S rétrograde, A, R/O soutenant V), dont la lecture reste incertaine : Mauros (?) ou Marius (?). L'emploi du S rétrograde est un trait paléographique notable, fréquemment rencontré dans les monogrammes cruciformes latins de cette époque. Le nom Mauros (latinisation de Μαῦρος, « sombre », parfois ethnique) est documenté dans la PLRE, tout comme Marius, anthroponyme latin classique demeuré en usage au VIᵉ siècle.
La relation entre les deux noms reste à préciser : il peut s'agir d'un double nom (nom grec suivi d'un cognomen latin), d'une construction patronymique (Φιλαγρίου, [fils] de Mauros/Marius), ou encore d'un sceau à deux possesseurs. Sans parallèles directs identifiés, aucune identification prosopographique définitive ne peut être proposée à ce stade.
Fiche technique