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Diobole archaïque en argent de Phocée, VIᵉ-Vᵉ s. av. J.-C., cité fondatrice de Marseille.
A/ Anépigraphe
Tête d'une nymphe à gauche, coiffée d'un sakkos orné d'une bande centrale, portant une boucle d'oreille circulaire.
R/ Anépigraphe
Carré creux quadriparti.
Ø 9.22 mm ;
1.24 g
Réf : Klein 452 ; SNG Copenhagen 389-394 ; SNG Kayhan 522
Très bel exemplaire pour ce petit module (plus jolie en main), offrant un portrait de nymphe finement détaillé, avec un sakkos bien lisible et une boucle d'oreille nettement visible. Le carré creux du revers est régulier et bien frappé. Une qualité tout à fait appréciable pour ce monnayage archaïque de petit format.
Qualité / prix ! Certains exemplaires en France dépasse les 400 € pour une qualité équivalente !
Ce diobole en argent de Phocée, frappé entre 521 et 478 av. J.-C., appartient à la période tardo-archaïque du monnayage ionien. L'avers présente une tête féminine — traditionnellement identifiée comme une nymphe locale — coiffée du sakkos, cette coiffe souple en tissu caractéristique de l'iconographie féminine grecque archaïque. L'élégance du portrait, avec la bande centrale ornant le sakkos et la boucle d'oreille circulaire, témoigne du raffinement stylistique des graveurs phocéens, héritiers de la grande tradition artistique ionienne. Le revers, un simple carré creux quadriparti sans type figuré, est typique du monnayage grec archaïque et relève de la technique de frappe primitive où le poinçon servait uniquement à maintenir le flan contre le coin d'avers. Ce type de revers incus disparaîtra progressivement au cours du Vᵉ siècle av. J.-C. au profit de revers figurés. Phocée, cité ionienne renommée pour son audace maritime, est surtout connue des numismates pour ses hectés d'électrum, frappées en abondance du VIᵉ au IVᵉ siècle av. J.-C. et comptant parmi les séries les plus collectionnées du monnayage grec. Ce diobole en argent, plus modeste mais tout aussi révélateur du dynamisme monétaire phocéen, s'inscrit dans un monnayage divisionnaire destiné aux échanges quotidiens dans le cadre économique de l'Ionie archaïque, alors sous domination perse achéménide.
PHOCÉE (Ionie, Asie Mineure – fondation vers le IXᵉ siècle av. J.-C.)
Phocée (Phokaia), cité ionienne située sur la côte occidentale de l'Asie Mineure (actuelle Foça, Turquie), fut l'une des plus grandes puissances maritimes du monde grec archaïque. Ses marins, parmi les premiers Grecs à pratiquer la navigation hauturière, explorèrent la Méditerranée occidentale et fondèrent de nombreuses colonies, dont la plus illustre est Massalia (Marseille) vers 600 av. J.-C. Phocée fut également à l'origine d'Emporion (Ampurias) en Espagne et d'Alalia en Corse. Face à l'avancée perse de Cyrus le Grand vers 546 av. J.-C., une partie de la population choisit l'exil plutôt que la soumission, épisode fameux rapporté par Hérodote. En numismatique, Phocée est célèbre pour ses hectés d'électrum, frappées selon l'étalon phocaïque (un sixième de statère, environ 2,50 g), qui circulèrent dans tout le bassin égéen et méditerranéen pendant plus de deux siècles, témoignant de la puissance commerciale persistante de la cité même après la conquête perse.
Fiche technique