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Antoninien frappé à Cologne sous Gallien (253-268)
A/ GALLIENVS·P·F·AVG
Buste radié et cuirassé de Gallien à droite, un ruban visible sur l'épaule.
R/ VIRTVS AVGG
Gallien debout à droite, tenant une enseigne militaire de la main droite et une lance de la gauche.
Ø 23 mm ;
1,83 g
Réf : MIR 882l (48 ex. recensés) – B.295 – E.1489
Exemplaire d'un bel aspect général et d'un bon style, frappé sur un flan remarquablement mince, ce qui explique le poids très léger de 1,83 g — bien en deçà de la norme pondérale attendue pour un antoninien de cette période. La finesse du flan, presque comparable à celle d'un jeton, n'enlève rien à la qualité stylistique de la gravure, qui demeure soignée et expressive.
Cet antoninien appartient aux émissions colonaises du règne conjoint de Valérien Ier et Gallien, comme l'atteste le double G de la légende VIRTVS AVGG. En 257, Gallien opère sur le front rhénan tandis que son père gère la menace sassanide en Orient : cette répartition stratégique des théâtres d'opérations explique l'activité soutenue de l'atelier de Cologne, qui fournit le numéraire nécessaire aux troupes du limes germanique. Le type de la Virtus, représentant l'empereur en personne en tenue militaire, enseigne et lance en main, est un message de propagande directe adressé aux légions : Gallien incarne la valeur guerrière de Rome face aux pressions alamanes et franques qui s'intensifient sur le Rhin.
Göbl recense 48 exemplaires pour cette variante dans le MIR (n° 882l), ce qui en fait un type relativement accessible mais qui reste moins fréquent que les grandes séries colonaises au buste radié.
GALLIEN (Publius Licinius Egnatius Gallienus) (253-268)
Fils aîné de Valérien Ier, Gallien est élevé au rang d'auguste dès l'avènement de son père en 253. Les deux empereurs se partagent la défense de l'Empire : Valérien prend en charge l'Orient, Gallien les frontières occidentales. La capture de Valérien par le roi sassanide Shapur Ier en 260 laisse Gallien seul maître d'un Empire en pleine crise. Il doit affronter simultanément de multiples usurpations — dont celle de Postume qui lui arrache la Gaule, la Bretagne et l'Hispanie — et les invasions barbares. Loin de l'image d'un prince décadent transmise par une tradition hostile, Gallien se révèle un réformateur énergique : il crée une cavalerie mobile d'intervention rapide, écarte les sénateurs du commandement militaire par un édit majeur, et fait preuve d'une tolérance religieuse remarquable envers les chrétiens. Protecteur des arts et de la philosophie néoplatonicienne, proche de Plotin, il est assassiné lors du siège de Milan en septembre 268, victime d'une conspiration de ses propres officiers.
Fiche technique