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✦ Rare ✦
A/ Monogramme cruciforme développant le nom Ζηνωνιάνου, composé des lettres Α, Ζ, Η, Ι, Ν, Ο, Υ, ω : Ζ rétrograde à gauche, ΗΝ ligaturés à droite, ΟΥ au sommet, ΑΛω ligaturés en bas
— lecture : Ζηνωνιάνου (génitif de Ζηνωνιανός, « de Zenonianos »).
R/ Dans un cercle de grenetis, inscription sur trois lignes précédée d'une croix : +ϹΤΡ / ΑΤΕΛ / ΑΤΟΥ — développé : στρατηλάτου, « du stratélatès ».
Ø 19 × 22 mm ;
13,60 g
Réf : inédit
Bel exemplaire de qualité, dont l'intérêt principal réside dans le rapprochement précis qu'il autorise avec deux sceaux antérieurement publiés du même titulaire. Sceau bilatéral du VIᵉ siècle associant, au droit, un monogramme cruciforme développant le nom Ζηνωνιάνου — génitif de Ζηνωνιανός, dérivé de Ζήνων par suffixation en -ιανός — et, au revers, une légende grecque sur trois lignes précédée d'une croix indiquant la fonction du sigillant : στρατηλάτου, « du stratélatès ». Le stratélatès, calque grec du latin magister militum, désigne au VIᵉ siècle l'un des plus hauts commandements militaires de l'État romain d'Orient, à la tête des troupes d'une grande circonscription militaire (Orient, Thrace, Illyricum, etc.).
Le monogramme du droit présente exactement la même composition de huit lettres (Α, Ζ, Η, Ι, Ν, Ο, Υ, ω) que celle attestée sur deux sceaux conservés à Dumbarton Oaks — BZS.1951.31.5.1874 et BZS.1958.106.755 (= Zacos & Veglery, I/1, n° 580) — où le titulaire porte le titre de spatharius. La concordance graphique stricte du monogramme et l'homogénéité du cadre chronologique permettent de rattacher la présente pièce au même Zenonianos avec un degré élevé de plausibilité, la rareté de ce nom renforçant l'attribution. Le sceau offrirait alors un témoignage postérieur dans la carrière du dignitaire, après son passage par la fonction de spatharius : la trajectoire ainsi reconstituée — d'un titre subalterne de la garde impériale (spatharius) à un haut commandement militaire (stratélatès) — constitue un dossier prosopographique cohérent, certes dépourvu d'autre attestation, mais soutenu par la convergence des indices internes.
On notera incidemment le passage du latin (employé sur les sceaux de la phase « spatharius ») au grec (sur le présent sceau de la phase « stratélatès »), reflet ponctuel du processus d'hellénisation progressive de la chancellerie impériale au cours du VIᵉ siècle. Sur le plan paléographique, l'inscription du revers présente l'écriture ΑΤΕΛ pour ΑΤΗΛ : substitution courante de Ε à Η, caractéristique de l'évolution phonétique du grec à cette époque, sans incidence sur le sens du texte.
Fiche technique