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✦très Rare ✦
Antoninien d'imitation (« barbarous radiate ») imitant le bestiaire de Gallien, fin du IIIe – Ve siècle ap. J.-C.
A/ Légende non lisible
Buste radié à droite, imitant Tétricus Ier.
R/ Légende non lisible
Animal (chèvre, biche ou antilope ?) passant à droite, dans le style de la série du bestiaire de Gallien.
Ø 17 mm ;
2,60 g
Réf : cf. série du bestiaire de Gallien (Rome, 267–268) – imitation barbare, sans référence standard
Exemplaire modeste par sa conservation, mais d'une rareté remarquable qui en fait une pièce véritablement recherchée par les collectionneurs spécialisés.
Les imitations barbares reprenant les types du bestiaire de Gallien comptent parmi les plus rares et les plus intrigantes de la production monétaire imitatrice de la fin du IIIe siècle. Le phénomène des barbarous radiates — ces antoniniens de petit module frappés en dehors des ateliers officiels, principalement en Gaule et en Bretagne — est bien attesté pour les types courants de Claude II, Tétricus Ier et Tétricus II. En revanche, la reprise des types animaliers du bestiaire, émission prestigieuse et limitée dans le temps (Rome, 267–268), reste exceptionnelle dans le monnayage imité. L'illisibilité de la légende de revers ne permet pas d'identifier avec certitude le prototype officiel copié, mais la figure animale — qu'il s'agisse d'une chèvre, d'une biche ou d'une antilope — s'inscrit sans ambiguïté dans l'imagerie de cette série. Le droit emprunte le portrait radié caractéristique de Tétricus Ier, souverain de l'Empire des Gaules (271–274), ce qui suggère une production gauloise ou bretonne postérieure à 271, combinant un prototype de droit tétricien avec un revers emprunté au bestiaire romain — hybridation typique des ateliers imitateurs. Ce type de croisement témoigne de la circulation prolongée des antoniniens du bestiaire dans les provinces occidentales et de leur prestige iconographique auprès des graveurs locaux.
LES IMITATIONS BARBARES (BARBAROUS RADIATES) (vers 270 – début du Ve siècle)
Après la réforme monétaire d'Aurélien (274) et la fermeture progressive des ateliers locaux, la pénurie de petite monnaie dans les provinces occidentales — Gaule, Bretagne, Hispanie — provoqua une production massive d'imitations non officielles, dites « barbares ». Ces pièces, de module souvent réduit, copiaient les antoniniens des derniers empereurs gaulois (Tétricus Ier et II, Victorin) ainsi que ceux de Claude II divinisé. Si la plupart sont de facture grossière, certaines témoignent d'une réelle habileté de gravure. Longtemps négligées, ces imitations sont aujourd'hui reconnues comme un témoignage essentiel de la vie économique et de la circulation monétaire dans les provinces romaines tardives, et constituent un champ de collection à part entière.
Fiche technique