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Antoninien frappé à Rome sous Gallien (253–268)
A/ GALLIENVS AVG
Tête radiée de Gallien à droite.
R/ VBERITAS AVG / Ε à l'exergue
Uberitas drapée debout à gauche, tenant une bourse de la main droite et une corne d'abondance de la main gauche.
Ø 20 mm ;
1,82 g
Réf : MIR 583a (Göbl) ; Wolkow 18a5b
Superbe exemplaire d'un très bon style, offrant un portrait soigné et un revers bien détaillé. Le poids très léger de 1,82 g — nettement en dessous de la moyenne pour cette émission — n'altère en rien la qualité esthétique de cette pièce et témoigne de la dégradation pondérale avancée de l'antoninien sous le règne solitaire de Gallien.
Le type VBERITAS AVG met en scène Uberitas, personnification de la Fertilité et de l'Abondance, drapée et tenant une bourse et une corne d'abondance — attributs évoquant la prospérité matérielle et la générosité impériale. Ce thème de propagande, récurrent sur le monnayage de Gallien, s'inscrit dans un discours monétaire systématiquement optimiste, contrastant violemment avec la réalité d'un Empire en crise : inflation galopante, invasions barbares sur le Danube et le Rhin, sécession de l'Empire des Gaules et de Palmyre. La marque d'officine Ε (cinquième officine) à l'exergue situe cette frappe dans l'organisation de l'atelier de Rome, restructuré sous Gallien en de multiples officines pour accroître le volume de production. Le type, classé comme commun par le MIR, ne manque cependant pas d'intérêt lorsqu'il se présente dans une qualité de style et de conservation aussi remarquable que celle de cet exemplaire.
GALLIEN (253–268)
Publius Licinius Egnatius Gallienus, fils de Valérien Ier et de Mariniane, fut associé au pouvoir impérial dès 253. Après la capture de son père par le roi sassanide Shapur Ier à la bataille d'Édesse en 260, il assuma seul la charge de l'Empire, confronté simultanément aux usurpateurs de l'Empire des Gaules, au royaume sécessionniste de Palmyre et aux incursions barbares sur le Danube. Réformateur militaire de premier plan, il créa une cavalerie mobile d'intervention et retira aux sénateurs le commandement des légions. Protecteur des arts, philhellène convaincu et initié aux mystères d'Éleusis, il fut assassiné en septembre 268 devant Milan, victime d'un complot de ses propres officiers.
Fiche technique