- Nouveau
Jeton de Besançon frappé en 1669 sous le co-gouvernorat de Franchet de Rans
A/ LIBERTATE . NON . FRAENO .
Armes de Franchet de Rans
R/ VESONTIO . CIV . REG . LIB . 1669 . (pour Vesontio Civitas Regalis Libera, « Vesontio, cité royale libre »)
Armes de Besançon : aigle éployée tenant entre ses serres deux colonnes
Ø 28 mm ;
5,78 g — tranche lisse
Réf : F.10342
Exemplaire au revers superbe et de belle frappe, l'avers présentant en revanche une venue moins satisfaisante du métal sur les détails.
Besançon, fière de son statut de Civitas Imperialis Libera acquis en 1290 et confirmé par les empereurs successifs, était en 1669 gouvernée par un collège de quatorze co-gouverneurs renouvelés annuellement. Ces magistrats, élus parmi les principales familles patriciennes de la cité, exerçaient collégialement le pouvoir exécutif sous la double souveraineté nominale de l'Empire et de la couronne d'Espagne, à laquelle la Franche-Comté était rattachée depuis l'héritage bourguignon. Cette ultime période d'autonomie communale prendra fin dès 1674 avec la conquête française par Louis XIV durant la guerre de Hollande, et sera entérinée définitivement par le traité de Nimègue en 1678. Le présent jeton appartient ainsi aux dernières années de liberté impériale de la cité, ce qui lui confère un intérêt historique particulier.
Frappé pour commémorer le co-gouvernorat de Franchet de Rans, issu d'une famille noble comtoise dont la seigneurie de Rans, située dans l'actuel département du Jura, lui valait son patronyme, le jeton porte à l'avers les armes familiales accompagnées de la devise LIBERTATE NON FRAENO (« par la liberté, non par la contrainte »). Cette devise exprime un idéal politique qui pouvait s'entendre à la fois dans son sens personnel — un gouvernement éclairé fondé sur la confiance plutôt que sur la coercition — et comme un écho indirect à l'indépendance jalousement défendue de la cité. Au revers, la légende VESONTIO CIVITAS REGALIS LIBERA, étendue de la date 1669, affirme avec emphase le statut de ville libre impériale, illustré par l'aigle aux ailes éployées tenant entre ses serres les deux colonnes héraldiques propres aux armes de Besançon, dont l'interprétation comme références aux colonnes d'Hercule (devise Plus Ultra de Charles Quint) reste débattue, leur présence dans les armoiries bisontines étant attestée bien antérieurement à l'héritage habsbourgeois.
BESANÇON (Civitas Imperialis Libera, 1290-1674)
Capitale de la Franche-Comté, Besançon (l'antique Vesontio des Séquanes, citée par César dans la Guerre des Gaules) acquit en 1290 son statut de ville libre d'Empire, confirmé par les chartes des empereurs successifs. Située en territoire comtois mais relevant directement de l'Empire, elle se gouvernait par un collège de quatorze co-gouverneurs élus parmi les familles patriciennes. Son autonomie communale, défendue à travers les siècles malgré l'entrée de la Franche-Comté dans la mouvance des Habsbourg d'Espagne, prit fin en mai 1674 lorsque les armées de Louis XIV s'emparèrent de la ville après un court siège. Le traité de Nimègue (1678) entérina son rattachement définitif au royaume de France, dont elle devint la capitale provinciale de la Franche-Comté.
Fiche technique