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Obole d'argent frappée à Laranda en Lycaonie, vers 324/323 av. J.-C.
A/ Anépigraphe
Avant-train de loup bondissant à droite ; au-dessus, croissant lunaire renversé ; le tout dans un grènetis carré
R/ Anépigraphe
Baal de Tarse trônant à gauche, tenant de la main droite avancée un épi de blé et une grappe de raisin, et de la main gauche un long sceptre
Ø 8,26 mm ;
0,44 g
Réf : Göktürk 82-85
Cité de la haute plaine anatolienne, située dans la région de la Lycaonie aux confins de la Cilicie et de la Cappadoce, Laranda (l'actuelle Karaman, dans le centre-sud de la Turquie) occupait une position stratégique sur les voies caravanières reliant la côte cilicienne à l'intérieur du plateau anatolien. Sa frappe locale, abondante en petites fractions d'argent dans le second tiers du IVᵉ siècle av. J.-C., témoigne d'une activité économique vigoureuse et de l'influence rayonnante du monnayage satrapique cilicien jusque dans les territoires intérieurs de l'Asie Mineure.
La datation traditionnellement proposée — vers 324/323 av. J.-C. — situe précisément cette émission à la charnière entre les derniers feux du contrôle achéménide et l'immédiat après-Alexandre, alors que la mort du Conquérant à Babylone en juin 323 venait d'ouvrir l'ère turbulente des Diadoques. Le monnayage de Laranda perpétue alors le formulaire iconographique des grandes séries satrapiques de Tarse, dont les types s'imposaient comme un standard monétaire régional. À l'avers, l'avant-train de loup bondissant à droite, surmonté d'un croissant lunaire renversé et inscrit dans un grènetis carré, constitue l'emblème distinctif de la cité — possible allusion au culte d'Apollon Lycios (« le Loup ») ou simple emblème civique d'origine louvite. Au revers, la figure de Baal de Tarse trônant à gauche, tenant épi, grappe et sceptre, reproduit le type institutionnel des grandes émissions satrapiques ciliciennes sous Pharnabaze, Datamès et Mazaios, exaltant à travers les attributs agricoles et royaux du dieu local la prospérité et l'autorité civique.
La pièce est répertoriée par Tahsin Göktürk sous les numéros 82 à 85 de son corpus de référence consacré aux petites fractions d'argent de Cilicie et de Lycaonie, illustrant la diversité des coins ayant servi à cette émission. Les obols de Laranda restent particulièrement appréciées des collectionneurs pour la finesse de leur iconographie sur des modules pourtant minuscules — à peine supérieurs au demi-centimètre — qui imposait au graveur une virtuosité technique remarquable. Le présent exemplaire, à un module de 8,26 mm pour un poids de 0,44 g, est conforme aux standards de la dénomination.
LARANDA (Lycaonie, IVᵉ-Iᵉʳ siècle av. J.-C.)
Implantée sur la haute plaine de la Lycaonie aux confins méridionaux du plateau anatolien, Laranda (l'actuelle Karaman, en Turquie centrale) tirait sa prospérité de sa position de carrefour caravanier entre la Cilicie côtière, la Cappadoce intérieure et la vallée du Méandre. D'origine louvite, le site fut hellénisé sous l'Empire perse achéménide puis intégré aux royaumes des Diadoques après la conquête d'Alexandre. Son monnayage du IVᵉ siècle av. J.-C., particulièrement abondant en petites fractions d'argent au type satrapique cilicien, atteste d'une activité économique soutenue. La cité passera ensuite successivement sous contrôle séleucide, attalide, puis cappadocien, avant d'être intégrée à l'Empire romain comme cité du royaume client de Cappadoce.
Fiche technique