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Un bronze civique d'Apamée de Phrygie, à l'effigie de Marsyas jouant l'aulos près des sources du Méandre.
Bronze frappé à Apamée de Phrygie sous la magistrature de Képhiso-, fils de Skau- (circa 88-40 av. J.-C.)
A/ Anépigraphe
Tête tourelée d'Artémis-Tyché, à droite, arc et carquois sur l'épaule.
R/ ΑΠΑΜΕ (Ἀπαμέων, « des Apaméens ») / ΚΗΦΙΣΟ (Képhiso-, nom du magistrat) / ΣΚΑΥ (Skau-, patronyme, « fils de »)
Marsyas avançant à droite, jouant de l'aulos ; motif en méandre dessous.
Ø 17,48 mm ;
4,41 g
Joli exemplaire, à la frappe vigoureuse et au revers bien venu.
Le droit de ce bronze associe deux figures divines en une seule image syncrétique, Artémis-Tyché, où les attributs de la chasseresse, l'arc et le carquois, se combinent à la couronne tourelée propre à Tyché, déesse de la fortune et protectrice des remparts de la cité. Cette fusion iconographique, fréquente dans le monnayage civique d'Asie Mineure à l'époque hellénistique tardive, traduit la volonté des cités grecques d'unir sous une seule effigie leur protection religieuse et leur identité tutélaire.
Le revers, à la figure de Marsyas jouant de l'aulos, renvoie directement à la géographie et à la mythologie locales d'Apamée. La cité, fondée à proximité de la source de deux cours d'eau, le Méandre et le Marsyas, perpétuait ainsi le souvenir du satyr légendaire vaincu par Apollon lors d'un concours musical et dont la peau, selon la tradition, demeurait accrochée près de la rivière qui portait son nom. Le motif en méandre figuré sous Marsyas constitue un second clin d'œil, géométrique cette fois, au cours sinueux du fleuve voisin qui a donné son nom à ce célèbre motif décoratif. La légende abrégée du revers, faisant figurer le nom du magistrat Képhiso-, fils de Skau-, relève de la pratique courante des cités grecques d'Asie Mineure consistant à dater et contrôler leurs émissions par le nom d'un officiant civique.
APAMÉE DE PHRYGIE (fondée vers 270 av. J.-C.)
Fondée par le roi séleucide Antiochos Ier Sôter sur le site de l'ancienne cité phrygienne de Kélainai (Celaenae) et nommée en l'honneur de sa mère Apama, Apamée devint l'un des grands carrefours commerciaux de l'Asie Mineure intérieure. Établie à la source même du Méandre, fleuve dont le cours sinueux a légué son nom au motif géométrique du méandre, la cité bénéficiait d'une position stratégique sur les routes reliant l'intérieur anatolien aux côtes égéennes. Elle fut également l'un des principaux foyers de la légende de Marsyas, satyr musicien dont le concours malheureux contre Apollon demeura profondément ancré dans l'identité locale, attestée tant par les sources littéraires antiques que par son iconographie monétaire récurrente.
Fiche technique