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✦ assez Rare ✦
6 Nummi frappé(e) à Alexandrie sous Héraclius (610-641)
A/ Légende non communiquée
Croix potencée posée sur deux degrés.
R/ Anépigraphe
Grand S, indiquant la valeur de 6 nummi (Ϛ, lettre grecque numérale).
Ø 11 mm ;
2,30 g
Réf : DOC 198 ; MIB 210 ; Sear 862
Bel exemplaire à la patine ocre homogène, qui confère à la pièce un charme particulier et une présentation très agréable en main. Cette petite monnaie de bronze appartient au monnayage divisionnaire frappé à Alexandrie sous Héraclius, où le droit porte la croix potencée posée sur deux degrés tandis que le revers se limite à la grande lettre S, marque de valeur correspondant à 6 nummi. Cette frappe s'inscrit dans la réorganisation du petit numéraire de bronze opérée par Héraclius au début de son règne, alors que l'Égypte demeurait, jusqu'à la conquête perse de 619, l'une des provinces les plus actives de l'Empire byzantin.
Exemplaire assez rare et recherché : l'atelier d'Alexandrie, dont l'activité fut brutalement interrompue par l'occupation sassanide puis par la conquête arabe de 641, n'a produit ce type que sur une fenêtre chronologique restreinte (vers 613-618), ce qui en limite la disponibilité sur le marché par rapport aux émissions contemporaines de Constantinople ou de Carthage.
HÉRACLIUS (610-641)
Héraclius, fils de l'exarque d'Afrique du même nom, renversa l'usurpateur Phocas en 610 et fonda une nouvelle dynastie. Confronté dès le début de son règne à l'effondrement des frontières orientales face aux Perses sassanides, qui s'emparèrent de la Syrie, de la Palestine et de l'Égypte, il mena ensuite une contre-offensive remarquable qui le conduisit jusqu'au cœur de la Perse et lui permit de rapporter à Jérusalem, en 630, la Vraie Croix capturée par l'ennemi. Mais cette victoire fut de courte durée : dès 634, les armées arabes entamèrent la conquête de la Syrie, de la Palestine puis de l'Égypte, qui échappa définitivement à l'Empire en 641, l'année même de la mort d'Héraclius. Son règne marque aussi une étape majeure dans l'évolution institutionnelle de l'Empire, avec l'adoption du titre grec de basileus et l'hellénisation progressive de l'administration.
Fiche technique