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Fraction de denier frappée à Antioche sous Bohémond IV, prince d'Antioche (1201-1233)
A/ + BOAMVNDV
Grande lettre B au centre du champ.
R/ + ANTIOCHIA (rétrograde)
Croix pattée inscrite dans un petit cercle.
Ø 16 mm ;
0,68 g
Réf : CCS 87 ; Metcalf 480 ; Schlumberger III, 14 var.
Exemplaire d'une conservation très correcte pour cette frappe de petit module (Nearly Very Fine / TB+ à TTB), aux légendes encore bien lisibles malgré l'usure habituelle de ces fractions de cuivre. Le type, dit « type E » dans la classification de Metcalf, simplifie au maximum l'iconographie monétaire de la principauté : au droit, le nom du prince BOAMVNDV se résume au revers à la seule initiale B placée en grand caractère central, tandis que le revers porte le nom de la cité, ANTIOCHIA, disposé de manière rétrograde autour d'une croix pattée inscrite dans un petit cercle perlé.
Ces menues monnaies de cuivre, frappées en grande quantité pour les besoins de la circulation locale, illustrent la persistance d'un numéraire seigneurial propre à la principauté croisée d'Antioche, fondée par Bohémond de Tarente lors de la première croisade et maintenue, sous une suite de princes normands puis poitevins, jusqu'à sa chute face aux Mamelouks en 1268. Le règne de Bohémond IV, marqué par une rivalité dynastique prolongée avec son neveu Raymond-Roupen pour le contrôle d'Antioche et de la Cilicie arménienne, fut aussi celui d'un monnayage abondant mais de qualité métallique modeste, reflet des difficultés économiques croissantes de l'État latin d'Orient au XIIIe siècle.
BOHÉMOND IV D'ANTIOCHE (1201-1233, et 1219-1233 comme comte de Tripoli)
Fils de Bohémond III, Bohémond IV dut disputer la principauté d'Antioche à son neveu Raymond-Roupen, soutenu par les Arméniens de Cilicie et une partie de la noblesse locale, dans un conflit dynastique qui domina une grande partie de son règne. Il cumula la principauté d'Antioche avec le comté de Tripoli, dont il devint comte en 1219, unissant ainsi les deux principaux États latins du nord de la Syrie. Son règne, traversé par les tensions avec les puissances voisines musulmanes et par les rivalités internes propres aux états croisés, illustre la fragilité institutionnelle de ces principautés latines, déjà entamée près d'un siècle avant leur disparition définitive à la fin du XIIIe siècle.
Fiche technique