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Bronze provincial frappé à Antioche de Syrie sous Élagabal (218–222 apr. J.-C.)
A/ AVT KAI MAP AV ANTΩNԐINOC CԐ
Tête laurée d'Élagabal à droite.
R/ SC
SC dans une couronne de laurier ; ΔԐ au-dessus, aigle en dessous.
Ø 18,87 mm ;
4,52 g
Réf : McAlee 782-783
Bel exemplaire, bien frappé et agréable pour ce type provincial courant.
Ce bronze provincial d'Antioche de Syrie appartient à la longue série des émissions SC (Senatus Consulto) frappées dans la capitale de la province syrienne depuis l'époque augustéenne jusqu'au milieu du IIIᵉ siècle. À Antioche, le SC ne signifie pas une frappe à Rome sous contrôle sénatorial, mais désigne un type monétaire local, propre à l'atelier antiochien, dont la dénomination exacte reste discutée — assaria ou sous-multiple de l'assarion selon les auteurs. La couronne de laurier qui encadre le monogramme SC est une constante iconographique de ces petits bronzes provinciaux syriens. Le ΔΕ (delta-epsilon) visible au-dessus constitue une marque de valeur ou de différenciation d'émission caractéristique du règne d'Élagabal, que l'on retrouve avec de légères variations sur plusieurs types de l'atelier d'Antioche pour ce règne. L'aigle, oiseau impérial par excellence dans le monde romain, revêt ici une résonance particulière : le nom même du dieu éponyme de l'empereur — Élagabal, « dieu-montagne » en araméen — était illustré sur une stèle récemment découverte en Émésène par un aigle éployé dressé sur une hauteur, soulignant le lien profond entre l'oiseau divin et le culte solaire qu'Élagabal cherchait à imposer à l'Empire tout entier.
Élagabal (Marcus Aurelius Antoninus), règne : 8 juin 218 – 11 mars 222 apr. J.-C.
Né vers 204 à Émèse (l'actuelle Homs, en Syrie) sous le nom de Varius Avitus Bassianus, Élagabal était de droit héréditaire grand prêtre du dieu solaire El-Gabal, divinité de la cité-temple d'Émèse dont le nom araméen, ʾIlāhā Gabal, signifie « dieu-Montagne ». Petit-neveu de Septime Sévère par sa grand-mère Julia Maesa — sœur de Julia Domna —, il fut proclamé Auguste en mai 218 par la IIIᵉ légion Gallica, stationnée près d'Émèse, à l'âge de quatorze ans. Sa grand-mère le fit passer pour un fils naturel de Caracalla afin d'asseoir sa légitimité dynastique. L'ambition religieuse du jeune prince-prêtre fut au cœur de son règne : il entreprit de transférer à Rome la pierre sacrée noire (bétyle) d'Émèse, lui fit ériger un temple sur le Palatin — l'Elagabalium — et tenta d'imposer son dieu solaire au sommet du panthéon romain, reléguant Jupiter lui-même au second rang. Ce projet d'hénothéisme oriental, aux rites étrangers aux sensibilités romaines, choqua profondément le Sénat et les milieux conservateurs. Gouvernant sous l'influence de Julia Maesa puis de sa mère Julia Soaemias, Élagabal fut finalement assassiné par la garde prétorienne dans les latrines du palais le 11 mars 222, et son corps jeté dans le Tibre. Son cousin Sévère Alexandre lui succéda.
Fiche technique