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Follis anonyme de classe A2 frappé à Constantinople sous Basile II et Constantin VIII (976–1025)
A/ +ЄMMA – NOVHΛ / IC – XC
Buste du Christ Antiphonetes de face, nimbé de la croix avec paires de globules dans les branches, portant le pallium et le colobium, bénissant de la main droite et tenant les Évangiles de la main gauche.
R/ +IhSUS / XRISTYS / bASILЄU / bASILЄ
Légende en quatre lignes surmontée d'un ornement ; deux points en bas.
Ø 27 mm ;
9,76 g
Réf : Sear 1813 ; Sommer 40.2
Ce follis anonyme de classe A2 est l'une des émissions les plus répandues de la numismatique byzantine — type courant, frappé en très grande quantité sur près d'un demi-siècle, et qui constitue l'introduction idéale à la série des folles anonymes pour tout collectionneur débutant. La classe A2 se distingue de la classe A1 (plus rare) par un module nettement augmenté et par la présence de décorations dans le nimbe du Christ et au revers — décorations dont le DOC recense plus de soixante variantes. Ici, les paires de globules dans les branches de la croix nimbale caractérisent l'une de ces variantes. La légende du revers — +IhSUS XRISTYS bASILЄU bASILЄ, « Jésus Christ roi des rois » — est la formule eschatologique par excellence du monnayage byzantin : elle affirme que le véritable souverain de l'Empire n'est pas l'empereurmais le Christ lui-même, dont le basileus n'est que le vicaire terrestre. L'absence de tout nom impérial sur ces folles est ainsi un choix théologique autant qu'iconographique, voulu par Jean Iᵉʳ Tzimiskès lors de la création de la série vers 969.
BASILE II ET CONSTANTIN VIII (976–1025)
Basile II, fils de Romain II et petit-fils de Constantin VII Porphyrogénète, régna conjointement avec son frère Constantin VIII pendant près de cinquante ans — le plus long règne de l'histoire byzantine. Si Constantin VIII demeura toujours dans l'ombre, Basile II s'imposa comme l'un des plus grands empereurs de Byzance : il écrasa définitivement les Bulgares à la bataille de Klidion (1014), valant à l'histoire le surnom de Bulgaroktonos — « le Tueur de Bulgares » — et étendit l'Empire jusqu'au Danube. Sur le plan intérieur, il brisa la puissance des grandes familles aristocratiques qui menaçaient l'autorité centrale, et maintint une fiscalité rigoureuse qui laissa à sa mort un trésor impérial considérable. Son monnayage anonyme, confiant le bronze au seul portrait du Christ, illustre la piété profonde d'un règne qui se voulait placé sous la protection divine.
Fiche technique