- Nouveau
- Vendu
✦ qualité pour ce type ! ✦
Nummus frappé à Constantinople sous Anastase Iᵉʳ (491–498, avant la réforme)
A/ DN ANASTASIVS PP AVG (à peine visible)
Buste diadémé d'Anastase à droite.
R/ Anépigraphe
Monogramme d'Anastase dans une couronne. Sans marque d'atelier.
Ø 9,5 mm ;
1,0 g
Réf. : Sear 13 ; Sommer 1.9 ; DOC 15 ; MIBE 40
Top exemplaire en superbe style pour ce minuscule nummus, dont le monogramme impérial au revers est net et bien centré. La titulature du droit, caractéristique des frappes de Constantinople avant la réforme, est à peine perceptible — état habituel pour ce type, dont les coins de droit présentaient souvent une légende sacrifiée à la finesse du module.
Ce nummus appartient aux toutes premières émissions du règne d'Anastase, frappées entre 491 et 498, soit dans les années qui précèdent immédiatement la grande réforme monétaire de 498 — l'une des plus importantes de l'histoire byzantine. Avant cette réforme, le système monétaire hérité du Bas-Empire était en état de délabrement avancé : le nummus, fraction infime valant 1/7200 de solidus, était devenu si petit et si léger qu'il ne circulait pratiquement plus qu'en sac, au poids. En 498, Anastase refondit entièrement le bronze, créant les grandes dénominations aux lettres grecques caractéristiques — le follis (M = 40 nummi), le decanummium (I = 10 nummi) et le pentanoummion (E = 5 nummi) — qui allaient structurer le monnayage byzantin de bronze pour les deux siècles suivants. Ce nummus pré-réforme est donc le témoin direct de l'ancien système à l'agonie, frappé dans les dernières années où Constantinople produisait encore cette fraction minuscule héritée de l'Antiquité tardive.
ANASTASE Iᵉʳ (11 avril 491 – 9 juillet 518)
Flavius Anastasius, originaire de Dyrrachium (actuelle Durrës en Albanie), était silentiaire — officier de protocole de la cour — lorsque l'impératrice Ariadne, veuve de Zénon, le choisit pour époux et co-empereur en 491. Il avait alors plus de soixante ans. Son règne de vingt-sept ans fut l'un des plus féconds de l'histoire byzantine : grand administrateur et réformateur, il assainit les finances impériales, supprima la chrysargyre (taxe sur les artisans et commerçants), réforma en profondeur le monnayage de bronze en 498 et laissa à sa mort un trésor de 320 000 livres d'or à ses successeurs. Théologien convaincu, il penchait pour le monophysisme, ce qui lui valut de violents conflits avec la population de Constantinople, majoritairement chalcédonienne. Il mourut en 518, vraisemblablement frappé par la foudre, sans avoir désigné de successeur — ouvrant la voie à Justin Iᵉʳ et, derrière lui, à Justinien.
Fiche technique