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Poids monétaire de 2 nomismata, atelier indéterminé (Ve-VIIe siècle)
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Poids monétaire de 2 nomismata, atelier indéterminé (Ve-VIIe siècle)
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Poids monétaire de 2 nomismata, atelier indéterminé (Ve-VIIe siècle)

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Poids monétaire de 2 nomismata, atelier indéterminé (Ve-VIIe siècle)


A/ ΝΒ dans une couronne
Lettres grecques ΝΒ (2 nomismata) gravées, inscrites dans une couronne

R/ Lisse
Traces d'ajustage (raclage)


Ø 17,3 mm ; Balance bnumis 10,10 g
Alliage cuivreux

Réf : cf. MAH 316


Commentaire :

Poids monétaire de forme circulaire destiné au contrôle de 2 nomismata. La valeur est exprimée selon la notation canonique du système byzantin : le nu initial désigne le nomisma, le bêta en donne le multiple, soit deux unités. L'ensemble s'inscrit dans une couronne, ornement caractéristique des exagia officiels, dont la fonction est autant décorative que légitimante. Le double nomisma n'étant pas une dénomination effectivement frappée, un tel poids ne servait pas à vérifier une pièce isolée mais à peser des sommes par lots — deux solidi placés ensemble sur le plateau, usage quotidien du changeur comme du percepteur.

Sur la base d'un nomisma théorique de 4,45 à 4,55 g, la masse attendue s'établit entre 8,90 et 9,10 g. Les 10,10 g mesurés, confirmés au contrôle, dépassent donc l'étalon de plus d'un gramme, soit un excédent de 11 à 13 %. L'écart est considérable pour une série dont la raison d'être est précisément l'exactitude, et il ne relève plus de la tolérance ordinaire : là où les exagia officiels s'écartent habituellement de quelques centièmes de gramme, celui-ci s'en éloigne d'un solide huitième.

Deux lectures restent ouvertes. La première, la plus économique, impute l'excédent à la minéralisation : les produits de corrosion des alliages cuivreux fixent oxygène et carbonates et pèsent davantage que le métal dont ils procèdent, si bien qu'une patine ancienne et épaisse peut alourdir sensiblement un objet de ce module.

La seconde, plus stimulante, envisage un surpoids délibéré. La fraude pondérale est une constante des économies monétaires anciennes, et un poids excédentaire n'est jamais neutre : il avantage systématiquement celui qui reçoit le métal, puisqu'il faut ajouter de l'or sur le plateau pour atteindre l'équilibre. Un tel objet, revêtu des signes extérieurs de la légitimité officielle — marque de valeur réglementaire, couronne empruntée au répertoire impérial — mais calibré au-dessus de l'étalon, constituerait un instrument de captation discret et efficace, l'excédent restant assez mesuré pour échapper au coup d'œil tout en produisant un gain réel sur chaque transaction.

Le flan circulaire relève de la norme, le disque étant la forme privilégiée pour les dénominations exprimées en nomismata, à la différence des valeurs en kératia le plus souvent portées par des flans carrés ou polygonaux. Les lettres sont ici simplement incisées, sans incrustation d'argent ni remplissage de nielle, les comblements clairs visibles au fond des gravures relevant des dépôts terreux et des produits de corrosion. Exemplaire qui retiendra l'attention de l'amateur de métrologie byzantine autant que du curieux des pratiques commerciales antiques.

lp654-1030

Fiche technique

Poids de:
2 nomismata