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Follis frappé à Constantinople sous Constantin VII (945-c. 950)
A/ + COҺST ЬA-SIL' ROM'
Buste couronné de Constantin VII de face, barbe courte, vêtu du loros vertical, tenant l'akakia ramenée devant la poitrine et le globe crucigère.
R/ + COҺST / ЄҺ ΘЄO ЬA / SILЄVS R / OMЄOҺ
Légende en quatre lignes.
Ø 27 mm ;
8.6 g
Réf : Sear 1761 ; DOC III/2, Constantin VII 26 (classe 5)
Exemplaire en Très Beau, dont le revers conserve une légende d'une lisibilité remarquable, lettre à lettre, tandis que le droit présente le modelé plus mou habituel à cette émission. La légende du revers, + COҺST / ЄҺ ΘЄO ЬA / SILЄVS R / OMЄOҺ, se développe en Konstantinos en Theô basileus Rômeôn, « Constantin, par la grâce de Dieu, empereur des Romains » : une formule d'investiture divine dont la portée est ici tout sauf rhétorique.
Ce follis appartient en effet au premier monnayage de cuivre que Constantin VII ait pu frapper en son nom propre et sans tutelle. Écarté du pouvoir réel depuis son enfance, d'abord par la régence de sa mère Zoé, puis à partir de 920 par Romain Ier Lécapène et ses fils, il ne redevient seul maître de l'Empire qu'en janvier 945. Le type est daté par le catalogue de Dumbarton Oaks de 945 à environ 950, jusqu'à l'association de son propre fils Romain II au monnayage. Détail éloquent pour le collectionneur : les exemplaires de cette émission sont presque toujours des surfrappes, réalisées sur les folles de Romain Ier retirés de la circulation — la refonte matérielle d'un règne par celui qu'il avait si longtemps relégué. Le type est commun, ce qui en fait une pièce d'entrée idéale dans le monnayage macédonien, mais les exemplaires au revers complet et bien venu le sont nettement moins.
CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE (913-959) — Fils de Léon VI et de Zoé Carbonopsina, il doit son surnom au fait d'être né « dans la pourpre », alors que son père régnait. Monté sur le trône vers l'âge de huit ans, il ne gouverne pratiquement jamais : son oncle Alexandre, puis sa mère comme régente, puis l'amiral Romain Ier Lécapène, co-empereur à partir de 920, exercent le pouvoir à sa place, Romain allant jusqu'à promouvoir ses propres fils avant lui dans l'ordre de succession. En décembre 944, ces fils déposent leur père ; un mois plus tard, la population impose Constantin VII, qui règne enfin seul, de janvier 945 à sa mort en 959. Empereur lettré plus qu'homme d'État, il fut surtout un prodigieux organisateur du savoir : on lui doit le De administrando imperio, manuel de politique étrangère rédigé pour son fils, et le De ceremoniis, somme du protocole impérial, œuvres maîtresses de ce que l'on appelle la « renaissance macédonienne ».
Fiche technique