Monnaies Byzantines

Découvrez également les monnaies d’inspiration byzantine, frappées dans le sillage de Constantinople et de son héritage impérial.

Ma sélection de monnaies byzantines couvre mille ans de frappe impériale, d'Anastase à la chute de Constantinople : folles et divisions de bronze, dénominations comnènes, folles anonymes, monnaies de l'Empire latin, et les frappes des marges – arabo-byzantines, croisées, arméniennes.

Chaque pièce est identifiée, référencée, pesée et photographiée. C'est ma seconde spécialité après le IIIᵉ siècle romain, et celle à laquelle j'ai consacré un ouvrage.

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Monnaies byzantines

Le meilleur rapport intérêt-prix de la numismatique antique

C'est une conviction, et elle s'argumente.

Byzance offre mille ans d'histoire continue, une iconographie sans équivalent, une documentation sérieuse, et des prix qui restent parmi les plus bas de toute la numismatique antique. Un follis en bel état de la grande époque coûte souvent moins cher qu'un bronze romain médiocre – pour un objet plus rare, plus complexe à lire, et infiniment moins collectionné en France.

L'explication est simple : le byzantin a longtemps souffert d'une double réputation, celle d'être difficile à identifier et peu gratifiant à regarder. La première est vraie mais surmontable. La seconde est un malentendu qui se dissipe dès qu'on prend le temps de regarder.

Cela n'a qu'un temps. Les prix du byzantin montent régulièrement depuis une dizaine d'années, à mesure que les corpus deviennent accessibles et que les collectionneurs découvrent le domaine.

Une monnaie devenue objet de foi

C'est ce qui distingue radicalement Byzance de Rome, et la raison principale pour laquelle ces monnaies se collectionnent.

La monnaie romaine était un instrument politique : elle proclamait la victoire, la concorde, la fécondité dynastique. La monnaie byzantine devient un objet théologique. Le Christ y apparaît en majesté, la Vierge y est nommée Théotokos, la croix occupe le revers, et les légendes deviennent des invocations plutôt que des slogans – certaines demandent explicitement la victoire au nom du signe de la croix.

L'empereur lui-même change de statut. Il n'est plus le chef militaire vainqueur mais le lieutenant de Dieu sur terre : couronné par le Christ, tenant le globe crucigère, vêtu du loros de cérémonie. Sa représentation obéit à des règles de préséance strictes, qui indiquent à elles seules qui règne réellement quand plusieurs empereurs figurent sur le même flan.

Et il y a la période iconoclaste, aux VIIIᵉ et IXᵉ siècles, où la représentation des images sacrées est proscrite. La monnaie en porte la trace : le buste du Christ, absent des monnaies depuis la fin du second règne de Justinien II (711), n'y reparaît qu'après le rétablissement des images en 843, sous Michel III. Entre-temps, seuls les portraits impériaux et la croix occupent les flans. Peu de sources permettent de suivre un conflit théologique avec cette précision matérielle.

Les folles anonymes, un domaine à part

Pendant plus d'un siècle, depuis le règne de Jean Ier Tzimiskès (969–976) jusqu'à la réforme monétaire d'Alexis Ier Comnène en 1092, Constantinople frappe des folles qui ne portent aucun nom d'empereur. Le Christ au droit ; au revers, une inscription pieuse, à laquelle s'ajoutent ou se substituent, selon les classes, une croix ou l'effigie de la Vierge.

Cela crée une situation numismatique singulière : il faut classer un monnayage sans autorité nommée. Les spécialistes l'ont fait sur des critères de style, de module et d'iconographie, en séries désignées par des lettres – classe A, classe B, et ainsi de suite. Les attributions à tel ou tel règne restent des hypothèses, régulièrement rediscutées.

Pour le collectionneur, c'est un terrain idéal. Ces monnaies sont abondantes, peu chères, et leur classement demande exactement le type d'observation qui forme l'œil : comparer des modules, des épaisseurs de flan, des traitements du visage. On peut y constituer une série complète des classes pour un budget modeste, et c'est l'un des rares domaines où un amateur attentif peut contribuer à la recherche.

La frontière orientale : arabo-byzantin et pseudo-byzantin

C'est l'axe le plus original de cette sélection, et celui qu'on ne trouve pratiquement nulle part en français.

Quand les armées arabes conquièrent la Syrie, l'Égypte et la Palestine au VIIᵉ siècle, elles héritent d'une économie qui fonctionne au follis byzantin. La solution retenue est pragmatique : on continue à frapper des monnaies d'apparence byzantine. Mêmes types impériaux, même grand M de valeur au revers, parfois surfrappés sur des folles d'Héraclius – mais avec des légendes arabes qui apparaissent progressivement à côté du grec.

Puis vient la rupture. Abd al-Malik introduit le type du calife debout, en armes, qui remplace l'empereur byzantin, avant la réforme épigraphique qui bannira toute figure de la monnaie islamique. En quelques décennies, ces pièces documentent le passage d'un monde à l'autre.

À côté de ces frappes attribuables, une catégorie floue subsiste : les monnaies dites pseudo-byzantines, imitations locales de la période de transition, dont on ne sait ni qui les a émises ni exactement quand. Leur étude est en cours et les attributions bougent encore.

Les références de ce domaine sont spécifiques – Walker en premier lieu, et pour la phase de transition le SICA 1 d'Album et Goodwin – et mes fiches les indiquent.

Les marges latines et arméniennes

Après 1204, Constantinople tombe aux mains des croisés, et l'Empire latin frappe ses propres monnaies : des trachea concaves d'imitation, souvent de fabrication sommaire, dont le classement reste délicat.

Plus à l'est, une autre zone de contact existait déjà : les États latins d'Orient, fondés dès 1098, et le royaume arménien de Cilicie, érigé en 1198. Leurs monnayages empruntent au byzantin, à l'Occident et au monde islamique selon les périodes, et constituent un domaine de collection cohérent pour qui s'intéresse aux confins de l'Empire plutôt qu'à son centre.

Ce qu'il faut savoir avant d'acheter une byzantine

Trois points, que les catalogues n'expliquent jamais et qui évitent les déceptions.

  • Le décentrage est la norme, pas le défaut. Les flans byzantins sont souvent irréguliers, les frappes décentrées, les légendes partiellement hors flan. Exiger le centrage parfait qu'on attend d'un denier romain, c'est se condamner à ne rien acheter. On juge plutôt la lisibilité de l'essentiel : le type principal, la marque de valeur, l'atelier quand il est présent.
  • La surfrappe est fréquente. Byzance refrappait ses propres monnaies, et les Arabes ont refrappé les byzantines. Un follis peut donc porter les traces fantômes d'un type antérieur. Loin d'être un défaut, c'est une information : elle établit une antériorité, parfois une chronologie.
  • L'identification demande de la méthode. Les alphabets changent, les dates suivent des computs variables, les ateliers se signent différemment selon les époques. C'est faisable, et c'est même l'essentiel du plaisir – mais il faut un outil. J'ai écrit Numismatique byzantine, les clés pour bien débuter pour cela : lecture des inscriptions et des alphabets, marques de valeur, table de concordance entre années de règne et datation, arbres d'identification, cartes des ateliers.

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Les filtres permettent de restreindre l'affichage par règne, par atelier, par dénomination, par prix et par disponibilité. Pour débuter, la dénomination est le meilleur point d'entrée ; pour approfondir un règne, combinez personnage et atelier. Le moteur de recherche interne accepte les numéros de Sear et de DOC.

Les pièces vendues rejoignent les archives, où elles restent consultables avec leur documentation.

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  • Personnage : Héthoum I