- Nouveau
✦ assez rare ✦
A/ ΑΝΤωΝ ϹΕΒ
Tête laurée d'Antonin le Pieux à droite
R/ ΒΟϹΤ
Chameau marchant à droite
Ø 16 mm ;
4,17 g
Réf : RPC IV.3, 6696 (temporaire) – Kindler, Bostra 5 – Spijkerman 9 – Cop. 142 corr.
Ce bronze de Bostra est l'un des types les plus emblématiques de la numismatique provinciale d'Arabie : quinze exemplaires recensés dans le RPC, dont neuf conservés dans les grandes collections institutionnelles, ce qui en fait une pièce accessible mais néanmoins recherchée pour sa charge iconographique exceptionnelle.
Le revers au chameau marchant est l'image monétaire la plus immédiatement évocatrice de la province d'Arabie. Loin d'être un simple ornement exotique, ce choix iconographique est hautement significatif : le chameau était au IIe siècle la colonne vertébrale économique de la province, vecteur indispensable des caravanes qui reliaient Bostra aux grands comptoirs de Palmyre, de Pétra et aux routes de la soie. En le plaçant au revers, la cité affirme son identité commerciale et sa place centrale dans les échanges Orient-Occident.
Bostra était devenue en 106 ap. J.-C. la capitale de la nouvelle province romaine d'Arabie, créée par Trajan après l'annexion du royaume nabatéen. Sous Antonin le Pieux, la cité connaît une période de grande prospérité : la Via Nova Traiana, axe routier structurant de la province, est pleinement opérationnelle, et Bostra est une ville en plein développement urbanistique. Cette émission s'inscrit dans ce contexte de stabilité et d'affirmation identitaire.
La légende de revers, abrégée en ΒΟϹΤ pour Βοστρηνῶν — « des Bostréniens » —, est en grec, langue administrative et culturelle dominante de l'Orient romain, tandis que le droit porte le nom de l'empereur en grec également. L'absence totale de latin sur cette émission est caractéristique des ateliers orientaux autonomes, qui conservaient leur langue propre jusque dans leurs productions monétaires officielles.
ANTONIN LE PIEUX (138 – 161)
Titus Aurelius Fulvus Boionius Arrius Antoninus, adopté par Hadrien peu avant la mort de ce dernier, régna près de vingt-trois ans dans une paix quasi ininterrompue — si rare dans l'histoire impériale qu'elle lui valut la réputation d'un règne d'or. Administrateur consciencieux, il ne quitta jamais l'Italie et gouverna l'Empire depuis Rome avec une efficacité discrète. Son règne vit le renforcement du limes, la consolidation des provinces orientales et le développement des grandes cités provinciales. Il mourut paisiblement à Lorium en 161, laissant l'Empire à son fils adoptif Marc Aurèle.
Fiche technique