Fals en bronze des Seldjoukides de Rum — Rukn al-Din Sulayman bin Qilich Arslan, sultanat 1197-1204, frappé à Qayseri ou Qunya.
A/ [sans légende]
Cavalier à droite tenant une épée ; étoiles à gauche et à droite.
R/ [en arabe]
Nom, titres et généalogie de Rukn al-Din Sulayman bin Qilich Arslan.
Ø 19 mm ;
1.89 g
Le droit au cavalier brandissant une épée est l'une des figures iconographiques les plus caractéristiques de la numismatique seldjoukide de Rum. Hérité de traditions turco-centrasiatiques, ce motif équestre affirme la dimension militaire et guerrière du pouvoir sultanal, tout en s'inscrivant dans une longue histoire de la représentation du cavalier sur les monnaies d'Orient — de la Bactriane aux Parthes, en passant par les Sassanides. Les étoiles flanquant le cavalier sont des éléments décoratifs récurrents dans le répertoire seldjoukide, à la signification sans doute astrale ou apotropaïque.
Le revers en écriture arabe, portant le nom et la généalogie complète du souverain, suit la tradition islamique classique qui fait de l'inscription coranique ou dynastique le centre symbolique de la monnaie. L'atelier — Qayseri (Césarée de Cappadoce) ou Qunya (Konya, ancienne Iconium) — reste incertain pour ce type précis ; les deux villes étaient les principales capitales administratives et monétaires du sultanat de Rum à cette période.
Le sultanat de Rum constitue l'une des branches les plus durables et les plus originales de la nébuleuse seldjoukide. Installé en Anatolie à partir de la seconde moitié du XIe siècle, il développe une culture de cour raffinée, mêlant influences persanes, byzantines et turques, dont la numismatique est l'un des témoins les plus accessibles. Les fals de bronze de cette période sont des pièces de circulation quotidienne, produites en grande quantité mais rarement retrouvées dans cet état de conservation.
RUKN AL-DIN SULAYMAN BIN QILICH ARSLAN (sultan AH 593-600 / AD 1197-1204) — Fils de Qilich Arslan II qui avait divisé son sultanat entre ses nombreux héritiers, Rukn al-Din Sulayman s'imposa progressivement comme le souverain dominant en réunifiant le sultanat de Rum. Il élimina ses frères rivaux, reprit le contrôle des principales villes d'Anatolie centrale et étendit son autorité vers le nord et l'est. Son règne, bien que bref, marque une étape importante dans la consolidation du pouvoir seldjoukide en Anatolie, à la veille de la quatrième croisade (1202-1204) qui allait profondément bouleverser l'équilibre politique de la région.
Fiche technique