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A/ + BOAMVNDVS
Tête de Bohémond III à droite, un croissant devant la face, une étoile derrière.
R/ + ANTIOCHIA
Croix.
Ø 16 mm ;
0,70 g
Bel exemplaire de belle qualité, présentant un phénomène de frappe caractéristique : la croix du revers apparaît en négatif au droit, témoignant d'une forte pression exercée lors de la frappe et d'une bonne homogénéité du flan.
Ce denier appartient à la série la plus connue et la plus emblématique de la Principauté d'Antioche. Le portrait de Bohémond III au droit — représenté avec un croissant et une étoile, symboles orientaux habilement intégrés à l'iconographie normande — témoigne de la synthèse culturelle propre aux États latins d'Orient. Ni entièrement occidentale, ni entièrement byzantine, la numismatique croisée occupe une place unique dans l'histoire monétaire médiévale.
Le croissant visible devant le buste a suscité de nombreuses interprétations : symbole d'influence islamique, référence astrale ou simple marque d'atelier ? La question reste ouverte. Ce qui est certain, c'est que ces deniers circulaient dans un espace géopolitique extraordinairement complexe, où Normands, Byzantins, Arméniens et sultanats musulmans se côtoyaient, s'affrontaient et commerçaient.
Classé R1, ce type est relativement peu commun sur le marché. Il constitue une pièce incontournable pour tout collectionneur s'intéressant aux Croisades, à la numismatique médiévale orientale ou à l'histoire des États latins d'Orient.
Bohémond III (1149–1201) — Antioche fut la première grande cité à tomber entre les mains des Croisés en 1098. Bohémond de Tarente et Robert Guiscard, des Normands, se constituèrent une première principauté. Raymond II de Poitiers, prince d'Antioche, fut tué en 1149 à la fin de la deuxième croisade. Bohémond III, son fils, lui succéda sous la régence de Constance, sa mère, entre 1149 et 1163. Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, Bohémond signa une trêve et fit la paix avec les musulmans à partir de 1192. Il annexa Tripoli la même année et dut faire face à la montée en puissance des rois d'Arménie. À sa mort en 1201, une lutte sans merci opposa ses descendants : Raymond Roupen dit l'Arménien, son petit-fils, et Bohémond IV, son fils cadet.
Fiche technique