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Fals (follis) arabo-byzantin frappé à Damas dans la seconde moitié du VIIᵉ siècle, durant la période de transition entre la conquête arabe de la Syrie (634-638) et la grande réforme monétaire du calife omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan (vers 696-697)
A/ DAMACKOC
Figure impériale debout de face, en costume impérial, tenant un globe crucigère de la main droite et un sceptre cruciforme de la main gauche. À gauche, un oiseau posé sur un T ; à droite, légende grecque.
R/ Légende arabe
Grande marque de valeur M ; dans le champ et à l'exergue, légende arabe indiquant une frappe à Dimashq (Damas).
Ø 17 mm ;
4,38 g
Exemplaire de très bon style, dont l'aspect en main est particulièrement séduisant. La figure impériale et l'oiseau sont rendus avec un soin notable pour ce monnayage de transition.
Fals (bronze) arabo-byzantin frappé à Damas (Dimashq) dans la seconde moitié du VIIᵉ siècle, durant la période de transition entre la conquête arabe de la Syrie (634-638) et la grande réforme monétaire du calife omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan (vers 696-697). Ce monnayage fascinant illustre un moment unique de l'histoire monétaire : les conquérants arabes, ne disposant pas encore de leur propre système monétaire, reprirent les types byzantins en les adaptant progressivement. La figure impériale du droit, dérivée des bronzes de Constant II ou de ses successeurs, conserve les insignes du pouvoir byzantin — globe crucigère et sceptre cruciforme — mais la légende DAMACKOC (transcription grecque de Damas) et les inscriptions arabes du revers ancrent cette émission dans le nouveau contexte omeyyade.
L'oiseau posé sur un T, à gauche de la figure impériale, constitue l'élément iconographique le plus distinctif de cette série damascène. Son interprétation demeure discutée parmi les spécialistes : certains y voient un symbole de l'autorité califale, d'autres un emblème civique hérité de la tradition locale. La marque de valeur M au revers, empruntée au système des folles byzantins, coexiste avec une légende arabe mentionnant l'atelier de Dimashq — témoignage saisissant de cette période de bilinguisme et de syncrétisme administratif. Ce type de monnayage, émis avant l'épuration iconoclaste menée par Abd al-Malik qui aboutit à des monnaies purement épigraphiques, est très prisé des collectionneurs pour sa richesse iconographique et sa valeur documentaire exceptionnelle.
LE MONNAYAGE ARABO-BYZANTIN
Le monnayage arabo-byzantin désigne les émissions de bronze produites par les autorités arabes dans les provinces conquises sur l'Empire byzantin — principalement la Syrie, la Palestine et l'Égypte — entre la conquête (années 630) et la réforme monétaire d'Abd al-Malik (vers 696-697). Faute de tradition monétaire propre, les Arabes reprirent les types byzantins existants, les adaptant progressivement : la croix fut parfois modifiée, les légendes grecques coexistèrent avec l'arabe, et les marques d'atelier furent translittérées. Cette période de transition, d'une richesse typologique remarquable, reflète la construction progressive d'un État islamique qui s'émancipe des modèles hérités. Damas, capitale omeyyade, fut l'un des principaux ateliers de ce monnayage de transition.
Fiche technique