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2.77 21mm
Antoninien frappé à Samosate sous Gallien (253-268)
A/ IMP C P LIC GALLIENVS AVG
Buste radié, drapé et cuirassé de Gallien à droite, vu de dos
R/ VOTA ORBIS
Deux Victoires debout, l'une à droite et l'autre à gauche, fixant à un palmier un bouclier inscrit S C
Ø 21 mm ;
2,77 g
Réf : Cohen 1335 ; MIR 1682m ; RIC 459
Exemplaire au droit particulièrement séduisant, le portrait de Gallien y étant bien venu et d'une frappe nette, tandis que le revers, plus piqueté, se révèle d'aspect moins flatteur.
L'atelier de Samosate, ouvert peu après l'avènement conjoint de Valérien et de Gallien, joua un rôle de premier plan dans la propagande monétaire orientale de la dynastie licinienne. Le revers VOTA ORBIS, propre aux frappes orientales du milieu des années 250, met en scène deux Victoires fixant à un palmier un bouclier inscrit S C — allusion aux vœux votaux célébrés à l'échelle de l'orbis romain pour la pérennité du règne et la victoire impériale. La composition, qui n'est pas sans rappeler les clipei votifs augustéens, traduit une volonté manifeste d'inscrire la dynastie dans la continuité du modèle d'Auguste, à un moment où les menaces sassanides et le contexte oriental rendaient cette légitimation symbolique particulièrement nécessaire.
Cet antoninien appartient à une phase féconde du monnayage de Samosate, qui prendra brutalement fin avec la capture de Valérien par Sapor Ier en 260 et la perte temporaire des provinces orientales. Les variantes de bustes répertoriées par Göbl dans le MIR témoignent de la diversité iconographique déployée par cette officine en quelques années seulement d'activité, ici représentée par un buste vu de dos.
GALLIEN (253-268)
Publius Licinius Egnatius Gallienus, fils de Valérien, fut associé à l'Empire dès l'avènement de son père en 253. D'abord co-empereur jusqu'à la capture catastrophique de Valérien par Sapor Ier en 260, il régna ensuite seul jusqu'à son assassinat près de Milan en 268. Son règne, l'un des plus longs et des plus tourmentés du IIIᵉ siècle, fut marqué par les invasions barbares, des usurpations multiples (Postume en Gaule, Macrien et Quietus en Orient), la sécession de l'Empire des Gaules et la formation du royaume de Palmyre. On lui doit néanmoins la réforme décisive de la cavalerie romaine, une politique monétaire ambitieuse au foisonnement iconographique exceptionnel, et un climat intellectuel marqué par sa proximité avec Plotin.
Fiche technique