Dekanummion frappé à Constantinople sous Héraclius, an de règne 8 (617/618)
A/ [d N ҺЄRAC]LIVS PPAVG
Tête laurée d'Héraclius à droite.
R/ Anépigraphe
Grand X (= 10 nummi) ; à droite, ЧI / II (= AN VIII, 8ᵉ année de règne).
Ø 14 mm ;
1,97 g
Réf : DOC 98 ; MIB 232 (Thessalonique) ; SB 818
Exemplaire peu commun, agrémenté d'une belle patine du désert — cette surface aux reflets dorés caractéristique des bronzes orientaux conservés dans des conditions arides — qui lui confère un charme certain.
Ce dekanoummion (dix nummi, valeur X) est frappé en l'an 8 du règne d'Héraclius, soit 617/618 — l'une des années les plus sombres de l'histoire byzantine. La date AN VIII, transcrite en chiffres grecs (ЧI/II), place cette émission au cœur de la grande crise perse : en 617, les armées sassanides de Khosrô II contrôlent déjà la Syrie, la Palestine et avancent en Asie Mineure, tandis que l'Égypte — grenier à blé de l'Empire — tombe aux mains des Perses en 618, privant Constantinople de l'annone.
HÉRACLIUS (610–641)
Flavius Heraclius, fils de l'exarque d'Afrique du même nom, renversa et fit exécuter l'empereur Phocas en 610, inaugurant une dynastie qui allait régner plus d'un siècle. Ses premières années de règne furent marquées par une série de catastrophes militaires face aux Perses Sassanides de Khosrô II, qui s'emparèrent de la Syrie (613), de Jérusalem (614) et de l'Égypte (618). À partir de 622, Héraclius renversa la situation par une série de campagnes offensives audacieuses en territoire perse, culminant avec la victoire décisive de Ninive (627) et la récupération de la Vraie Croix à Jérusalem (630). Pourtant, à peine l'Empire avait-il repris souffle que les armées arabes sorties d'Arabie déferlèrent sur les provinces orientales : la Syrie fut perdue après Yarmouk (636), l'Égypte en 641. Héraclius mourut en février 641, laissant un empire profondément reconfiguré, amputé de ses provinces les plus riches, mais survivant — ce qui tient du miracle.
Fiche technique