- Nouveau
- Vendu
Tétartéron frappé à Thessalonique sous Alexis Iᵉʳ Comnène (1081–1118)
A/ IC – XC
Buste du Christ Pantokrator de face, nimbé de la croix, portant le pallium et le colobium, tenant les Évangiles des deux mains.
R/ + AΛZI ΔЄCΠ
Buste de face d'Alexis Iᵉʳ, couronné, portant la chlamyde ornée de joyaux, tenant un sceptre cruciforme de la main droite et un globe crucigère de la main gauche.
Ø 20 mm ;
2,99 g
Réf : Sear 1929 ; Sommer 59.24 ; DOC 38 (Thessalonique)
Exemplaire présentant une surfrappe remarquable qui produit un effet visuel saisissant : le buste d'Alexis semble jaillir du flan, comme s'il perçait la surface de la monnaie de l'intérieur.
La surfrappe de ce tétartéron en est une démonstration éclatante : l'effet de double frappe donne l'illusion qu'Alexis Comnène — basileus de Constantinople, vainqueur des Normands, des Petchénègues et des croisés de la Première Croisade — frappe la monnaie de l'intérieur, poing impérial, irruption du pouvoir dans le réel. L'avers au buste du Christ Pantokrator, tenant les Évangiles, rappelle la légitimité théologique sur laquelle repose toute l'iconographie impériale byzantine : le basileus règne par la grâce du Christ, et c'est au dos de l'image du Christ qu'il s'impose au regard. La monnaie de Thessalonique, second atelier de l'Empire, se distingue de la production constantinopolitaine par un style souvent plus expressif — ce qui renforce ici l'impact visuel de la surfrappe.
📺 La monnaie avant la télévision
Vous souvenez-vous de cette scène culte de Ring (Ringu, Hideo Nakata, 1998), où Sadako sort de l'écran de télévision en rampant pour venir hanter notre monde ?
Mille ans avant le cinéma japonais, un basileus byzantin avait déjà trouvé le moyen de franchir l'écran — en le brisant du poing. Sauf que le sien, ce n'était pas un poste de télévision : c'était une pièce de monnaie.
Car avant la télévision, avant même le journal imprimé, le plus grand média de masse de l'Histoire, c'était la monnaie.
ALEXIS Iᵉʳ COMNÈNE (1081–1118)
Alexios Iᵉʳ Comnène accéda au trône en 1081 à l'issue d'un coup d'État militaire, alors que l'Empire byzantin était au bord de l'effondrement — pressé par les Normands à l'Ouest, les Seldjoukides à l'Est et les Petchénègues au Nord. Par une politique combinant la diplomatie, la ruse et la force armée, il parvint à redresser la situation et à stabiliser l'Empire pour un siècle. Son règne fut marqué par la Première Croisade (1096–1099), qu'il accueillit avec une méfiance avisée et dont il sut tirer parti pour récupérer une partie de l'Asie Mineure. Sur le plan monétaire, il conduisit en 1092 une réforme radicale du système byzantin, créant notamment l'hyperpyron d'or qui allait servir d'étalon pendant deux siècles. Son règne de trente-sept ans, le plus long de la période comnénienne, est connu notamment par l'Alexiade, biographie rédigée par sa fille Anna Comnène — premier grand texte historique écrit par une femme.
Fiche technique