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Bronze civique frappé à Sardes (Lydie), cité autonome, IIe–Ier siècle av. J.-C.
A/ Anépigraphe
Tête laurée d'Apollon, à droite.
R/ ΣΑΡΔΙΑ / ΝΩΝ
Massue d'Héraklès à droite, inscrite dans une couronne ; monogramme à droite.
Ø 14,5 mm ;
4,8 g
Réf. : SNG Copenhagen 472 ; BMC 18
Ce bronze civique de Sardes illustre le type monétaire le plus caractéristique de la cité à l'époque hellénistique tardive : la tête d'Apollon au droit et la massue d'Héraklès inscrite dans une couronne au revers. L'association de ces deux divinités n'est pas fortuite : Sardes se prévalait, selon Hérodote, d'une fondation héraclide, la dynastie Mermnades elle-même étant censée descendre du héros. La massue est donc à la fois emblème dynastique rétrospectif et symbole civique fort, tandis qu'Apollon — appelé Apollon Lycios à Sardes — y était honoré comme divinité oraculaire et protégeant la cité. Le monogramme visible dans le champ droit de plusieurs exemplaires de ce type varie selon les émissions ; il désigne vraisemblablement un magistrat local ou un responsable monétaire, sans qu'une identification systématique ait pu être établie pour l'ensemble des variantes.
La chronologie de ces bronzes civiques à la massue s'étend de la période post-attálide (après 133 av. J.-C., date du legs du royaume de Pergame à Rome) jusqu'à l'époque augusto-julio-claudienne, mais une partie des séries SNG Copenhagen, dont le numéro 472, est attribuée dès le IIe siècle av. J.-C., avant même l'intégration dans la province romaine d'Asie. C'est un type abondamment documenté dans les collections de référence, ce qui en fait un élément de base de toute collection orientée vers la Lydie hellénistique.
SARDES (capitale de la Lydie antique, actuelle province de Manisa, Turquie)
Située au pied du mont Tmolos, en surplomb de la plaine de l'Hermos et de son affluent le Pactole, Sardes fut la capitale du royaume de Lydie et le berceau de la monnaie frappée. C'est en effet à Sardes, sous les rois Mermnades — et probablement dès le règne d'Alyatte au tournant du VIIe et du VIe siècle av. J.-C. — que furent frappées les premières pièces d'électrum, alliage naturel d'or et d'argent lavé par les eaux du Pactole depuis les flancs du Tmolos. Le roi Crésus (v. 560–547 av. J.-C.) y perfectionna le système en frappant les premiers bimétalliques standardisés en or pur et argent pur : un jalon décisif dans l'histoire économique mondiale. Après la prise de la ville par Cyrus le Grand en 547, Sardes devint capitale de la satrapie perse de Lydie et point terminus de la Route royale achménide reliant Suse à la mer Égée. Conquêrante hellenistique d'Alexandre en 334 av. J.-C., la cité se dota alors des institutions et monuments propres à une polis grecque : théâtre, gymnase, agora et le vaste temple d'Artémis, jamais achévé. Intégrée à la province romaine d'Asie en 133 av. J.-C., elle reçut sous Dioclétien le titre de métropole de Lydie. Un violent séisme en 17 apr. J.-C. détruisit partiellement la ville, que Tibère fit reconstruire. Sardes est aujourd'hui un site archéologique actif, dont les fouilles à long terme menées par Harvard et Cornell ont mis au jour notamment les vestiges du gymnase, de la synagogue hellénistique et des ateliers de métallurgie du Pactole.
Fiche technique