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✧ Réservé ✧
A/ Dans un cercle, un second cercle de grènetis renferme le buste de la Mère de Dieu orante, le médaillon du Christ devant elle. Sigles de part et d’autre : ΜΡ – ΘV, Μ(ήτη)ρ Θ(εο)ῦ.
R/ Légende invocative : Θ(εοτό)κε β(οή)θ(ει) Εὐπραιπία βεστια(ρίτισσα ?).
Le nom de la titulaire commence par ΕV et se termine par ΑΙΠΙΑ ; il se lit Εὐπραιπία, graphie homophone de Εὐπρεπία.
L’abréviation du titre, βεστια(…), est commune à βεστιάριος et à βεστιαρίτης ; la forme féminine βεστιαρίτισσα est donc logiquement proposée.
Ø 18,70 mm ;
6,70 g
Sceau invocatif d’une titulaire féminine, daté des XIᵉ-XIIᵉ siècles. Le droit présente le buste de la Mère de Dieu orante, le médaillon du Christ devant elle, accosté des sigles Μ(ήτη)ρ Θ(εο)ῦ ; le revers porte l’invocation Θ(εοτό)κε β(οή)θ(ει), suivie du nom et du titre de la titulaire.
Le nom, qui commence par ΕV et se termine par ΑΙΠΙΑ, se lit Εὐπραιπία, pour Εὐπρεπία (Euprépia). L’orthographe en est inhabituelle, mais la graphie ΑΙ pour Ε est homophone : les deux notations se prononcent [e] en grec byzantin. Euprépia est un prénom rare ; il fut notamment porté par la sœur de l’empereur Constantin IX Monomaque (1042-1055), mentionnée par Michel Psellos dans le livre VI de sa Chronographie. Cette attestation documente l’usage du prénom au XIᵉ siècle ; elle n’autorise aucune identification avec la titulaire du sceau.
L’abréviation βεστια(…) ne permet pas, à elle seule, de choisir entre deux titres de même racine, βεστιάριος et βεστιαρίτης, tous deux liés au vestiarion et tous deux en usage aux XIᵉ-XIIᵉ siècles. La titulaire étant une femme, le titre doit revêtir une forme féminine. Le féminin βεστιαρίτισσα est relevé parmi les dérivés de βεστιάριον dans la lexicographie du grec médiéval vernaculaire (E. Kriaras, Épitomé du Lexique de la littérature grecque médiévale vernaculaire, 1100-1669) ; aucune forme féminine dérivée de βεστιάριος n’a pu être relevée. La lecture βεστια(ρίτισσα) est donc proposée sous réserve.
Dans cette hypothèse, βεστιαρίτισσα ne désigne pas une fonction exercée par la titulaire, mais un titre porté par alliance : l’épouse d’un vestiarite était une vestiaritissa. Ce mécanisme est caractéristique de la titulature aulique byzantine, où la zôstè patrikia constituait la seule dignité proprement féminine (The Oxford Dictionary of Byzantium, s.v. « Zoste patrikia »), les autres femmes portant la forme féminine du titre de leur mari.
Les vestiarites (βεστιαρῖται) étaient liés au vestiarion impérial, garde-robe et trésor de l’empereur ; probablement constitués à l’origine en détachement de garde, ils sont présentés par Anne Comnène comme les courtisans les plus proches du souverain. Le premier vestiarite connu, Jean Ibéritzès, est attesté en 1049 (The Oxford Dictionary of Byzantium, s.v. « Vestiarites » ; N. Oikonomidès, « L’évolution de l’organisation administrative de l’Empire byzantin au XIᵉ siècle (1025-1118) », Travaux et Mémoires 6, 1976, p. 129-130). Le βεστιάριος relève quant à lui du vestiarion, l’un des grands départements fiscaux de l’administration byzantine (The Oxford Dictionary of Byzantium, s.v. « Vestiarion »).