Archives gauloises

Voici les monnaies gauloises et celtiques passées par la boutique depuis son ouverture. Potins coulés, quinaires d'argent, bronzes frappés, statères : chaque pièce y figure avec sa description complète, ses deux faces photographiées, son poids, son diamètre et ses références.

Ces archives comptent plusieurs pièces qui ne reviendront probablement pas – des exemplaires de très haute rareté, parfois les seuls que j'aie eus entre les mains en plusieurs années. Elles restent ici pour cette raison : une monnaie vendue reste un document consultable.

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Archives des monnaies gauloises et celtiques

Un fonds ancré dans l'est de la Gaule

Les Séquanes constituent de loin le peuple le mieux représenté dans ces archives, suivis des Éduens et des Lingons. Ce n'est pas un hasard : j'exerce à Besançon, l'antique Vesontio, oppidum principal des Séquanes, et les monnayages de cette région me passent naturellement entre les mains plus souvent que d'autres.

L'intérêt dépasse la géographie. Le monnayage séquane est l'un des plus riches et des plus étudiés de Gaule, avec ses potins à la grosse tête, ses quinaires au nom de TOGIRIX, ses bronzes à légende. Celui des Lingons est dominé par les quinaires KALETEDOY, dont les variantes de style permettent un classement fin. Les Éduens apportent leurs séries de quinaires et leurs potins, souvent d'attribution discutée.

Le reste de la Gaule est présent plus ponctuellement – Bituriges cubes, Leuques, Sénons, Rèmes, Allobroges, Pictons, Carnutes, Suessions, et quelques peuples de la Gaule du Nord-Ouest.

Le potin, une monnaie qui n'est pas frappée

C'est la particularité technique majeure de la numismatique gauloise, et elle change tout dans la manière d'examiner une pièce.

Le potin n'est pas frappé au marteau : il est coulé dans un moule, en chapelet. Les flans sortent reliés entre eux par des jets de coulée, ensuite sectionnés – d'où les traces caractéristiques visibles sur la tranche de beaucoup d'exemplaires. L'alliage, riche en étain et en plomb, donne à ces monnaies leur patine sombre particulière, parfois lisse et profonde, parfois pulvérulente.

Les conséquences pour le collectionneur sont directes. Les critères d'appréciation d'une monnaie frappée ne s'appliquent pas : on ne cherche pas la netteté de frappe mais la qualité du moulage, la lisibilité du motif malgré la dégénérescence progressive des types, et l'état de la surface. Deux potins du même type peuvent différer considérablement selon la génération de moule dont ils proviennent.

Les fiches archivées signalent ces éléments quand ils sont observables.

Les légendes, et ce qu'on peut en dire

TOGIRIX, KALETEDOY, Q. DOCI, YLLYCCI, CRICIRV, ABVDOS : les monnaies gauloises portent souvent des noms, et la tentation est grande d'y voir des rois.

La prudence s'impose. Ces noms peuvent désigner un chef, un magistrat, un responsable de l'émission, parfois une entité qu'on ne sait pas nommer. Les sources littéraires antiques mentionnent trop peu de personnages pour qu'on puisse établir des correspondances certaines, et l'épigraphie gauloise reste lacunaire. Quand une identification est proposée, elle relève le plus souvent de l'hypothèse.

De même, l'attribution d'un type à un peuple donné n'est pas toujours acquise. Les aires de circulation débordent les frontières supposées, les trouvailles anciennes sont mal localisées, et certains classements traditionnels ont été révisés. Vous verrez dans ces archives des fiches mentionnant explicitement une attribution incertaine – c'est délibéré, et plus honnête qu'une certitude affichée.

Les références, et comment les lire

DT renvoie au Nouvel Atlas des monnaies gauloises de Louis-Pol Delestrée et Marcel Tache. C'est aujourd'hui la référence de travail en numismatique gauloise, celle que portent la plupart de mes fiches. Son classement par régions et par séries a remplacé les nomenclatures anciennes.

Les numéros de série que vous rencontrerez renvoient au même système, qui regroupe les types par affinité de style, de métal et de zone de circulation. C'est un outil précieux pour un monnayage où l'on part souvent d'une iconographie sans savoir à qui l'attribuer.

Comme partout, plusieurs références peuvent coexister sur une même pièce, et les corpus anciens confondent parfois des variantes que les travaux récents distinguent. C'est ce qu'un corpus photographié permet de vérifier.

Naviguer dans ces archives

Les filtres permettent de restreindre l'affichage par peuple et par dénomination. Pour un travail d'identification, commencez par la dénomination – potin, quinaire, bronze – avant de resserrer sur un peuple : c'est l'ordre dans lequel on examine réellement une monnaie inconnue.

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