A/ Buste de saint Nicolas, nimbé, bénissant de la main droite et tenant un livre de la main gauche.
R/ Légende sur plusieurs lignes, avec invocation initiale abrégée :
Κ(ύρι)ε β(οή)θ(ει) …{λ}α[ο]χερ[ο] (?) σπαθαρ(ο)κ(αν)δ(ι)δ(άτῳ) ἐπ(ὶ) τ(οῦ) (καὶ) μαγλα(βίου)
Traduction : « Seigneur, aide … spatharocandidat, épi tou manglabiou. »
Ø 22 mm ;
10,72 g
Sceau de la fin du Xe ou du XIe siècle, associant une iconographie classique de saint Nicolas à une titulature de cour et à une charge militaire bien attestée. La première ligne du revers conserve nettement la formule invocative abrégée Κ(ύρι)ε β(οή)θ(ει).
La seconde ligne, située immédiatement après l’invocation, devait contenir le prénom du propriétaire du sceau. Malgré l’existence de deux parallèles connus (numismad et leu numismatik, images sur fond blanc), la lecture demeure indécidable. L’un de ces parallèles montre clairement l’apparition d’un omicron en début de troisième ligne, ce qui implique que cette voyelle faisait partie intégrante du prénom figurant sur la ligne précédente.
En l’état actuel de la documentation, et en supposant que le second lambda visible sur le sceau corresponde en réalité à un alpha, la séquence de lettres de la seconde ligne pourrait être restituée de manière très hypothétique sous la forme …{Λ}Α[Ο]ΧΕΡ[Ο]. Cette restitution reste cependant purement indicative et ne permet aucune identification onomastique assurée.
La titulature conservée est en revanche claire : le titulaire porte la dignité de spatharocandidat, σπαθαρ(ο)κ(αν)δ(ι)δ(άτῳ), et exerce la charge d’ἐπὶ τοῦ καὶ μαγλαβίου, formulation attestée par les parallèles et confirmée par la lecture des lignes finales, où le terme μαγλαβ(ίου) est parfaitement discernable.
L’épi tou manglabiou commandait les Manglabites, corps d’élite chargé de la protection rapprochée de l’empereur. À la fin du Xe et au XIe siècle, le système onomastique byzantin connaît un net appauvrissement, et la structure même du prénom restituable sur ce sceau suggère fortement une origine étrangère du titulaire. Même en l’absence d’identification nominative, la combinaison d’une dignité de cour et d’une charge aussi spécifique confère à ce sceau un intérêt prosopographique notable.
Merci à Clément Guery-Odelin et à Gert Boersema pour leurs lectures et remarques critiques.
Fiche technique