A/ Représentation en pied de saint Nicolas, évêque, tenant le livre des Évangiles de la main gauche et bénissant de la main droite. Les détails sont peu lisibles, mais ce schéma iconographique est constant sur les sceaux byzantins. L’inscription est disposée selon un principe esthétique : quatre lettres réparties à droite et à gauche forment chacune une croix, le champ libre étant utilisé comme procédé stylistique : Θ – ΝΙ – Κ / Α – ΑΘ – C..
R/ Légende sur plusieurs lignes :
Τοῦ [(πρωτο)]νωβελλισίμου σὺ ῾Ρωμανο[ῦ Μά]καρ [ῥ]ύστης [γε]νοῦ [τ]άχισ[τα] τοῦ Φιλα[ρέ]του.
Toi, Bienheureux (saint Nicolas), deviens au plus vite le sauveur du protonobelissime Romanos Philaretos.
Ø 22,2 mm ;
13,3 g
Réf. : Seibt – Zarnitz, no. 4.1.6
Sceau de la fin du XIᵉ siècle attribuable avec certitude à Romanos Philaretos, porteur de la très haute dignité de protonobelissime. L’identification repose sur la lecture de la titulature, notamment la séquence χαρακτηρισée par l’enchaînement de lettres « ΕΛΛΙ », caractéristique des titres de nobelissimos et de protonobelissimos, ainsi que sur la restitution du nom Φιλαρέτου à l’avant-dernière ligne. Un rapprochement initial avec le général Philaretos Brachamios peut être écarté, ses sceaux ne représentant pas saint Nicolas. Le parallèle exact est fourni par Seibt-Zarnitz (4.1.6). Personnage uniquement connu par la sigillographie, Romanos Philaretos devait appartenir à la plus haute aristocratie de l’Empire byzantin.
Le choix de Nicolas comme saint patron doit être considéré comme un indice que Romanos, tout comme son parent Épiphanios Philaretos, qui sous Michel VII fut magistros et protasekretis (cf. Dölger–Wirth, Regesten 1023), a accompli une carrière civile.
Le plus ancien eunuque connu portant le nom de Johannès Philaretos fut, au milieu du XIe siècle, ostiarios et ἐπὶ τοῦ μυρεψοῦ (c’est-à-dire dans l’administration des domaines) (D.O. Neg.-Nr. 60.100.20–4018).
Merci à Clément Guery-Odelin pour la lecture du sceau.
Fiche technique